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TABLEAUX ANCIENS, OBJETS D'ART & MOBILIER

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VENTE DU dimanche 02 décembre 2018



Des mains des artistes qui les ont créées aux collectionneurs qui les ont choisies et aimées, les transmettent ou s'en séparent pour une raison ou pour une autre, les oeuvres d'art n'arrêtent pas de vivre et de renaître !

C'est le vœu que l'on formule pour les tableaux, pièces d'orfèvrerie, mobilier et objets d'art qui seront vendus aux enchères Dimanche 2 décembre à 14 H par Maître Carole Jézéquel et ses experts à l'Hôtel des ventes de Rennes. Elles proviennent d'un hôtel particulier rennais et d'une propriété des environs. Elles en ont constitué l'ornement, le charme et le cachet : des pièces d'orfèvrerie du XVIIIe siècle, des majoliques d'Urbino, une collection de faïences de Moustiers, une importante commode en laque rouge de style Transition, un salon de bois doré d'époque Napoléon III, une vue de Barbizon peinte par l'impressionniste hongrois Lazlo Paal, des pendules, des objets d'art venus d'Asie, des verreries Art Nouveau, des tapisseries…


N° 62 ÉCUELLE en argent

LAVAL, 1764-1766 (L), Jacques BIDAULT (reçu maître en 1739) Corps circulaire doté de deux anses latérales plates formant de larges palmettes, gravé d'armoiries dans un écu ovale assorti de feuillages, fleuron à volutes en pointes, timbré d'une couronne comtale : d'azur à la bande dentelée d'argent accompagnée d'un lion rampant et de trois étiles d'argent en chef.Très bien marquée de quatorze poinçons (sous le fond et sous chaque anse). Légère inclinaison de l'une des anses.

Haut.4,2 cm ; Larg. (anses) 29 cm.
Pds 27 g.

1500/2500

L'écuelle, coupe en argent à deux oreilles plates, est une pièce de vaisselle courante aux XVIIe et XVIIIe siècles. En France, elle existe dès 1620. On y sert le bouillon de viande prescrit aux personnes alitées. En Allemagne, l'écuelle appelée öchnerinnenschüssel est le cadeau que l'on offre à la jeune accouchée. Au XVIIIe siècle, munie d'un couvercle, elle fait parfois office de petite soupière pour les viandes servies dans le jus de leur cuisson. Quelques très belles pièces en argent ou en vermeil s'accompagnent d'une assiette de
présentation.



N° 65 CHOCOLATIÈRE en argent

PARIS, 1714-1715 (X), Pierre CAUMARTIN, reçu maître en 1705 (attribué à) Modèle tripode, couvercle surmonté d'une prise à bouton, appui-pouce à enroulement et attache trilobée, bec à culot ceinturé, orné de feuilles lancéolées et fleuronné en pointe. Manche latéral en bois tourné à bagues perlées, dans un manchon à disque. Marquée du poinçon d'orfèvre sur les parties rapportées.

Haut. 23 cm ; Long. 21 cm ; Pds net 595 g.

1800/2500

Importé du Mexique en Espagne dès le XVIe siècle, le chocolat franchit les Pyrénées au XVIIe siècle, à la faveur du mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d'Autriche. La Reine raffole du chocolat préparé par « La Molina », sa femme de chambre. C'est elle qui introduit à la Cour cette boisson très appréciée dans son Espagne natale. La réalisation du breuvage nécessite un long bouillonnement en remuant le liquide, ce qui conditionne la matière et la silhouette de la verseuse : de l'argent pour maintenir la chaleur et un corps piriforme reposant sur trois ou quatre pieds, suffisamment hauts pour glisser sous le récipient un petit réchaud à alcool. Le couvercle de la verseuse est souvent percé d'un orifice. Il permet d'introduire le moussoir avec lequel on agite le mélange de pâte de chocolat, d'eau ou de lait bouillant, additionné de sucre, avec un soupçon de vanille et de cannelle en poudre.



CÉRAMIQUES

Urbino, la ville natale du peintre Raphaël, est aux XVe et XVIe siècles l'un des grands foyers de la Renaissance. L'Italie n'est alors qu'une mosaïque de petits États souverains gouvernés par des princes rivaux, soucieux d'entretenir un esprit d'émulation artistique. D'où l'essor et le succès des manufactures de faïence dite de grand feu. Au milieu du XVIe siècle, les céramistes d'Urbino, tel Orazio Fontana, peintre de majoliques (1510-1571), excellent dans les scènes historiées inspirées de la mythologie et donc propres à séduire une clientèle aux goûts raffinés, entre autres les ducs d'Urbino, connus pour leur généreux mécénat. Ces scènes souvent inspirées de gravures comme celles de Caraglio couvrent plats, assiettes, pots à pharmacie… Elles sont remarquables pour l'éclat de leurs couleurs dans une gamme de bleus, de verts, de jaunes et d'orangés. De véritables tableaux !

N° 121 ITALIE, URBINO

Vase de pharmacie de forme ovoïde
muni de deux anses, mascarons avec serpents entrelacés à décor polychrome

XVIe siècle, atelier d'Orazio Fontana
Haut. 33 cm
Etat : éclat manquant au col,
égrenages aux anses, saute d'émail sur la panse et le piédouche.

3000/4000


Ce vase de pharmacie montrant une reine couronnée assise sur un fauteuil curule, entourée de deux charmants angelots aurait fait partie des pièces commandées par Guidobaldo II d'Este à Orazio Fontana pour la pharmacie ducale du Palais d'Urbino. Il fut offert par le nouveau duc Francesco Maria II à la Santa Casa de Lorette. Un phylactère indique le nom de la préparation pharmaceutique : SAP. D. MORTEILA. Peut-être de la saponaria officinalis ? La saponaire officinale a en effet des propriétés diurétiques et dépuratives. Elle est utilisée pour soigner la goutte et les rhumatismes.
Le peintre céramiste donne ici toute la mesure de son talent dans une belle palette de couleurs constrastées. Les verts, les bleus, les jaunes s'accordent au délicat paysage marin qui sert de décor à la scène. A noter les mascarons avec des serpents entrelacés, sans doute une allusion à Esculape ou Asclépios, dieu de la médecine.
Un vase de ce genre conservé au Victoria et Albert Museum de Londres porte l'inscription « fatto in Urbino ». Une paire de chevrettes de la même série figure dans la collection Gillet au Musée des arts décoratifs de Lyon. Il y en a deux autres au Musée du Louvre (OA 1895) et au Victoria et Albert Museum de Londres.


N°120 ITALIE

Plat rond en faïence à décor polychrome figurant une scène des étamorphoses d'Ovide : le châtiment des Ménades (11,1-84)
Au revers, au centre du talon, les armoiries de la famille Lanciarini de Rome
XVIe siècle

Diam. : 26,9 cm

Etat : important manque refait sur le bord jusqu'au centre au niveau supérieur du ciel à l'arbre, morceaux recollés en bas sur le bord. Très légères égrenures sur les bords

1000/1500

Ce plat à « tondino » a été commandé par la famille Lanciarini à Rome. Il illustre une scène des Métamorphoses d'Ovide : le châtiment des Ménades, peu après la mort d'Orphée. Au premier plan, Orphée, est entouré de sept Ménades qui dansent et se métamorphosent en arbres dans un paysage arboré et rocheux, baigné par la mer. Un filet jaune court sur le bord. Au revers, trois filets et l'inscription, en bleu : « de la bachante mutate in albore » pour des bacchantes changées en arbres. »
Ce plat fait partie d'un service de vaisselle. D'autres plats inspirés des Métamorphoses d'Ovide, conservés dans différents musées, portent en effet les armes de la famille Lanciarini.
Dix-huit de ces plats auraient survécu dont : « Latone changeant les paysans en grenouilles », Urbino, vers 1540-1545, (ancienne collection Giovanni Pietro Capana au Musée du Louvre, OA 1577) ; « Jupiter et Sémélé », vers 1535-1540 (Musée de la céramique à Sèvres, Inv.739) ; « Neptune changé en taureau », vers 1535 (ancienne collection Lambert au Musée des Beaux-Arts de Lyon, L666) ; L'enchanteresse Circé, vers1540-1550 (Philadelphia Museum of Art). Un modèle similaire est conservé à Sèvres : les Bacchantes changées en arbres, de Francesco Xanto Avelli, 1533, Inv : MNC 4403.

Les Métamorphoses d'Ovide ont grandement inspiré les peintres du XVIe siècle, tels Botticelli et Mantegna, mais aussi les maîtres lissiers comme Hans Karcher, créateur de deux tapisseries aujourd'hui au Louvre représentant la chute de Phaéton. Elles ont été tissées à Ferrare en 1545 pour Hercule II d'Este et sont contemporaines de la série de plats exécutés pour la famille Lanciarini. Enfin comment ne pas citer l'admirable groupe de marbre du Bernin à Rome commandé par le cardinal Scipion Borghèse : « Apollon et Daphné » (métamorphosée en laurier) (1622-1625, Galerie Borghèse à Rome).


MOUSTIERS

Blotti contre un escarpement rocheux, non loin des gorges du Verdon, dans les Alpes de Haute-Provence, le village de Moustiers-Sainte-Marie a vu s'épanouir l'une des plus belles productions de la faïence française du XVIIIe siècle. Antoine Clérissy, est réputé pour ses décors à la Bérain, du nom de Jean Bérain (1640-1711), dessinateur du Cabinet du Roi.
Sur les plats en camaïeu de bleu, du plus bel effet sur l'émail blanc, se détachent arabesques et entrelacs inspirés des décors grotesques de l'Antiquité. S'y mêlent de frêles architectures, des draperies encadrant des
figures mythologiques ou de fantaisie (amours, sphinges, singes, dauphins). Le centre des pièces recoit un médaillon historié ou des armoiries. En 1740, Joseph Olérys et son beaufrère Jean-Baptiste Laugier fondent leur fabrique et développent les faïences polychromes en bleu, jaune, violet, vert,manganèse. Très appréciés : les décors du graveur Jacques Callot.

N°135 MOUSTIERS

Plat ovale creux à godrons à deux anses torsadées
Décoré en camaïeu de bleu dans le goût de Bérain. Bacchus sur un tonneau brandit un verre. Il est entouré de nymphes ailées portant des conques. De part et d'autre des sphinges et des déesses.

XVIIIe siècle
Longueur : 40 cm. Etat : choc à midi et quart sur le bord

600/800


N° 125 MOUSTIERS

Plat ovale à bords contournés,
Décor en camaïeu de vert et manganèse de scènes grotesques dans le goût de Callot. Deux Pierrots jouent de la guitare, avec un singe dansant, un pèlerin et un oiseau.
Marqué au revers FO pour Fecit OLERYS

XVIIIe siècle
Longueur : 43 cm. Etat : légères égrenures sur le bord.

300/400


N°123 MOUSTIERS
Grand plat ovale à bords contournés,
Décor en camaïeu bleu avec au centre les armoiries de la marquise de Pompadour : écu d'azur à trois tours d'argent maçonnées de sable, posé sur un manteau d'hermine et entouré de deux griffons et timbré d'une couronne ducale. La marquise de Pompadour fut élevée au rang de duchesse en 1752, ce qui permet de dater ce plat.

XVIIIe siècle
Longueur : 47 cm. Etat : plat cassé en deux et réparé

300/400



MOBILIER

Au mois d'août 1855, une visite du Hameau de la Reine à Versailles est organisée en l'honneur de la Reine Victoria à l'occasion de son voyage en France auprès de Napoléon III, suivie d'un dîner de gala à Versailles. La mode est à la redécouverte du XVIIIe siècle. En
1867, l'impératrice Eugénie organise au Petit Trianon une exposition sur le Reine Marie-Antoinette. C'est elle qui réhabilite Marie-Antoinette et attache le Hameau à son seul souvenir.
Les ébénistes et les menuisiers français remettent au goût du jour le style Louis XVI et le réinterprètent avec talent. C'est ainsi que les demeures élégantes se parent de mobilier Louis XVI, d'époque Napoléon III.

N° 157 Suite de quatre fauteuils en bois doré, mouluré et sculpté de cannelures, feuilles d'eau et rangs de perles. Dossier droit, supports d'accotoirs en balustre à godrons et cannelures, pieds fuselés cannelés. Garnitures de tapisseries de Beauvais figurant des animaux (volatiles, canards, chèvres…) dans des entourages de guirlandes de fleurs et chutes de drapés.
Epoque Napoléon III. (Manque une marguerite, le bord d'assise en tapisserie de deux fauteuils est élimé). Haut.90 cm

2000/2500

N° 171 Importante commode en laque dorée sur fond rouge dans le goût de l'Extrême Orient,
bois laqué noir et riche ornementation de bronzes ciselés et dorés. Elle ouvre à cinq tiroirs sur trois rangs, façade à ressaut et côtés incurvés. Montants à large pan coupé terminés par des pieds cambrés. Dessus de marbre.
Style Transition Louis XV-Louis XVI

Haut.87 cm-larg.146 cm-Prof.56,5cm

1500/2000

Boîtes, coffres et paravents importés en France par la Compagnie des Indes inspirent aux ébénistes de Louis XV des fantaisies encouragées par les marchands-merciers toujours avides de satisfaire leur clientèle. Les panneaux de laque étaient alors débités et refendus dans leur épaisseur. Pour les plaquer, l'ébéniste devait les chauffer, ce qui entrainait des craquelures en profondeur, caractéristiques des laques d'origine.
La commode présentée par Rennes Enchères n'est pas d'époque mais c'est une belle réalisation de style Transition. Les pieds cambrés appartiennent au style Louis XV, la façade droite, la mouluration et l'ornementation de bronze doré (entrée de serrures à médaillons et
noeuds de ruban, entrelacs…) au style Louis XVI.


TABLEAUX


N° 15 Lazlo PAAL (1846-1879)

Arbres, Barbizon, 14 septembre 75
Huile sur toile dans son cadre en bois et stuc doré (salissures et vernis jauni)

située et datée en bas à gauche
Sur le cadre : cachet Detrimont
(doreur et encadreur parisien 1856-1901)
71x54 cm

3000/5000

Né à Zàm (aujourd'hui en Roumanie), Lazlo Paal a été formé à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne à partir de 1864. En 1866, il devient l'élève d'Albert Zimmermann. En 1869, il expose à Munich et entre en contact avec les peintres de Barbizon. Puis c'est le temps des voyages : la Hollande en 1870 et l'Angleterre où il découvre les paysages de Constable aux ciels tumultueux et à la belle lumière dorée.

Sur les conseils de son ami d'enfance, le peintre Mihaly Munkacsy, lui-même établi à Paris, il rejoint la capitale en 1872. C'est le temps des impressionnistes et il a plaisir à travailler d'après nature, sur le motif, dans la forêt de Fontainebleau. Peu après son mariage en 1873, il s'installe à Barbizon et prend sans doute ses quartiers à l'auberge Ganne bien connue des peintres : Corot, Dias, Millet, Théodore Rousseau et Daubigny qualifié en 1865 de « chef de file de l'impression ».
Paysagiste dans l'âme, Lazlo Paal participe régulièrement au Salon et gagne en 1878 une médaille à l'Exposition universelle. Il est habile à capter le lumière de l'instant dans les sous-bois et les clairières. Il affectionne les arbres et les recrée avec vérité sur la toile, d'une touche vigoureuse : troncs, branches, écorces, feuillages. De santé fragile, il s'éteint à 33 ans.


Gwénaëlle de Carné



EXPERTS :

Michel et Raphaël MAKET, Tableaux anciens et XIXe
Membre du syndicat français des experts professionnels en oeuvres d'art et objets de collection
Sophie VERGNE, Consultante pour l'orfèvrerie
Bertrand BERTHELOT, Membre du syndicat français des experts en oeuvres d'art
et objets de collection : Mobilier XVIIe, XVIIIe et XIXe, Pendules, objets d'art
Cabinet PORTIER et associés : Arts d'Asie
Manuela FINAZ de VILLAINE, Membre du syndicat français es Experts
professionnels en oeuvres d'art et objets de collections : céramiques

EXPOSITIONS PUBLIQUES

Vendredi 30 novembre 15 h/18h
Samedi 1er décembre10h/13h et 15h/18h
Dimanche 2 décembre 9h/11h

L'INVITÉ DU SAMEDI :

Olivier GUILBAUD, créateur de l'atelier du Doreur

parlera de ses techniques de dorure et de son utiisation de la feuille d'or au XXIe
siècle