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TABLEAUX ANCIENS, ORFEVRERIE, MOBILIER, OBJETS D'ART...

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VENTE DU lundi 12 février 2018


TABLEAUX ANCIENS, ORFÈVRERIE, MOBILIER, OBJETS D'ART…
provenant d'un château et de propriétés d'Ille et Vilaine…


«Passants, puissiez-vous à toute heure trouver ici repos, innocence et bonheur s'il est vrai que toujours l'on trouve en sa demeure ce que l'on porte dans son cœur.» (Lamartine)


Les œuvres d'art qui seront dispersées lundi 12 février à 14 h à Rennes Enchères par Maître Carole Jézéquel proviennent d'un château et de quelques belles demeures d'Ille et Vilaine. Elles en ont constitué l'ornement, elles en ont fait le charme et le cachet : tableaux anciens et XIXe (n° 1 à 32), pièces d'orfèvrerie (n° 33 à 75), verrerie (n° 76 à 81), mobilier XVIIIe et XIXe (n° 82 à 132), pendules, objets d'art (n° 133 à 186), sculptures (n° 187 à 210), céramiques (n° 211 à 229), arts d'Asie (n°230 à 265). Puissent-elles trouver place dans d'autres demeures ! Inviter à la contemplation et revivre, entourées d'une chaleureuse affection !

N° 32
Ecole de Bavière, vers 1500 suiveur de Stefan LOCHNER
Saint Kilian et Sainte Agnès, Sainte Innocentia et Sainte Vincentia
Deux panneaux de retable, huile, tempera et fond or

30 000/40 000€


TABLEAUX ANCIENS


N°15
HYACINTHE RIGAUD
(Perpignan, 1659-Paris, 1743)

Portrait de Jean Martin de La Chapelle
dit aussi
de La Chapelle-Martin, 1711-1712

Huile sur toile
79,5x63,5 cm
(manques, soulèvements, chancis, restaurations)
Annotation au revers de la toile de rentoilage
reprenant celle de la toile d'origine :
PEINT. Pr HYACINTE RIGAUD.1711
Sur le châssis, une étiquette manuscrite :
Portrait présumé d'un personnage de la
famille Le Gobien
Peint par Hyacinthe Rigaud 1711

Provenance :
Inscrit dans les livres de compte de l'artiste :
«Mr de La Chapelle Martin. (rajouté par
une autre main) Hab(illement) rép(été)»
Commandé en 1711 par le modèle pour
150 livres (buste sans mains) ;
En 1712 Bailleul reçoit 10 livres pour avoir
«Habillé Mr de La Chapelle Martin»
Livré en 1712.
Collection du modèle, Saint-Malo
par descendance jusqu'à l'actuel propriétaire

12 000/15 000€


Excellente provenance pour ce portrait de l'armateur malouin Jean Martin de La Chapelle peint par Hyacinthe Rigaud, l'auteur du célèbre portrait de Louis XIV en costume de sacre (1701/1702, Paris, Musée du Louvre). Il a été authentifié par Ariane James-Sarazin, auteur du catalogue raisonné de l'artiste. Le tableau est inscrit dans le livre de comptes du peintre et depuis 300 ans il est resté dans la famille du modèle.
C'est en 1711 que Jean Martin de La Chapelle passe commande à Hyacinthe Rigaud. Il a alors 45 ans et vient d'acquérir une charge de conseiller secrétaire du roi. Ses affaires sont prospères. Armateur et corsaire (son activité est attestée à Saint-Malo à partir de 1697) il est lié par convention à la puissante Compagnie des Indes. Entre 1707 et 1712, ses bateaux, Le Curieux et Le Diligent transportent jusqu'à Saint-Malo le café importé de Moka. «L'assurance que donne la réussite se lit dans le port altier et le regard énergique qui fixe le spectateur.» Les 150 livres demandées par l'artiste correspondent à une représentation en buste sans mains, avec un «habillement répété», c'est-à-dire reprenant une composition antérieure. Une pratique courante du maître! Il en confiait l'exécution à son collaborateur Bailleul. En témoigne le portrait du sculpteur des jardins de Versailles, François Girardon (Musée des Beaux-Arts de Dijon) : même pose de trois quarts, élégant manteau drapé, à la différence des couleurs et du jabot de dentelle fine qui a remplacé la cravate frangée. Sous la haute perruque frisée, le modèle a beaucoup de présence : intensité du regard, vigoureux modelé du visage rehaussé d'accents de lumière déposés à la pointe du pinceau sur l'arête et le bout du nez, teint coloré, travaillé en subtiles nuances d'incarnat. La main du maître se reconnait dans «la manière très particulière de creuser en pleine pâte le dessous des yeux», de restituer le volume de la perruque «en jouant de la préparation sous-jacente», de suggérer le velours ras de la veste et celui plus lourd du manteau qui renforce la majesté du modèle. Par la qualité de son exécution, ce beau portrait de M. de La Chapelle-Martin mérite une restauration à la hauteur de la renommée de Hyacinthe Rigaud, peintre du Roi Louis XIV, très demandé par les cours européennes, l'aristocratie et la haute bourgeoisie du Grand Siècle.

N° 24
LE GUERCHIN, Francesco Barbieri
dit (Cento, 1591-Bologne, 1666)

Saint Pierre en prison

Huile sur toile
97x72 cm
Au revers de la toile, marque au pochoir
de Sébastien Gabriel de Bourbon
(initiales S.G. surmontées d'une couronne ducale)
Marque identique estampillée à chaud sur le
châssis

Provenance :
Collection de don Sebastien Gabriel de Bourbon
et Bragance, infant d'Espagne et de Portugal
(Rio de Janeiro, 1811-Pau, 1875).
Confisqué en 1835, déposé au
Musée national de peinture et de sculpture
(Museo de la Trinidad, inv.M.T.298),
puis restitué à l'Infant Sébastien Gabriel
Aux XIXe et XXe différentes collections
dont Bretagne, collection particulière
depuis 1956

30 000 / 50 000€

Belle découverte que ce tableau du Guerchin, grand maître de la peinture bolognaise. Il est issu de la collection de peinture ancienne de l'Infant don Sébastien Gabriel de Bourbon et Bragance, descendant à la fois du roi Charles III d'Espagne et de Piettre III de Portugal. Amateur éclairé, peintre à ses heures, mécène, membre d'honneur de l'Académie Royale de San Fernando dès 1827 et ami du peintre José Madrazo chargé de sa collection et de celle du musée royal du Prado, le prince embrasse la cause carliste. Voilà pourquoi en 1835, il est déchu de ses droits successoraux et voit ses biens confisqués par le gouvernement libéral. Le tableau passe alors dans la collection de José Madrazo puis du fils de celui-ci avant d'être restitué au prince qui s'installe en France après la révolution de 1868.
Saint Pierre en prison a été peint vers 1623 «soit à Rome, ce que le sujet semble confirmer, soit à son retour à Cento, cette même année». En ces temps de Contre-Réforme et de restauration de la papauté, le culte des saints est réaffirmé, tout particulièrement celui de Saint Pierre, premier apôtre du Christ. La composition s'inspire de celle de « Salomé visitant saint Jean-Baptiste en prison», antérieure de quelques années. Le Guerchin semble retrouver ici le ténébrisme et le réalisme chers à Caravage, révélant un tempérament lyrique et dramatique. Toute l'attention se porte sur l'expression de Saint Pierre représenté dans la force de l'âge : visage grave et douloureux,
sculpté par la lumière émanant de la fenêtre de la geôle, regard intense, tendu vers Dieu, comme pour l'implorer. Le Guerchin est très habile à faire vivre son personnage, à creuser en pleine pâte les orbites et les rides du front, à souligner l'arête du nez de quelques rehauts de lumière, à suggérer la barbe et les cheveux de son pinceau enlevé, tout en mouvement. Il traduit la force du caractère de Saint Pierre par la main tenant fermement la clé du Paradis.
«Un dessin du maître, conservé à l'University Art Museum de Princeton, pourrait constituer la première pensée de notre oeuvre. Saint Pierre y est représenté écrivant et un visage apparaît entre les barreaux, peut-être celui d'un ange venu le délivrer.»
Cette œuvre a été authentifiée par M. Nicholas Turner, spécialiste de l'artiste.

ORFÈVRERIE DU XVIIIe SIÈCLE

N° 40
CHOCOLATIÈRE EN ARGENT

Modèle pansu, uni, tripode,
le couvercle plat doté
d'une prise amovible,
le manche latéral en ébène tourné
dans un manchon à disque renflé.
Avec un moussoir en bois tourné.
Paris, attribué à Jean Deharchies
(reçu à la maîtrise en 1720),
1754-1755 (O couronné)
Haut. 18 cm ; Pds net 425 g.

1 000/1 500€

Importé du Mexique en Espagne dès le XVI e siècle, le chocolat ne passe la frontière des Pyrénées que vers le XVIIe siècle. La boisson concoctée dans la péninsule ibérique avec l'amande de cacao concassée est introduite en France par les deux reines espagnoles du XVIIe siècle Anne et Marie-Thérèse d'Autriche. Très attachée aux usages de son pays natal, l'épouse du Roi-Soleil raffole du chocolat que lui prépare sa femme de chambre, la célèbre Molina… La Cour de France, par imitation, puis par goût, adopte le chocolat vers 1670. La préparation du breuvage nécessite un long bouillonnement et une constante agitation du liquide. Pour garder la chaleur de
la boisson, l'argent s'impose naturellement, ce à quoi n'avaient pas pensé les Espagnols. La forme de la verseuse, dépend elle aussi de la préparation du chocolat : haute de corps, piriforme de préférence, elle repose sur trois pieds suffisamment hauts entre lesquels on peut placer un petit réchaud à alccol. Une ouverture est prévue dans le couvercle pour plonger le «moussoir» avec lequel on agite le mélange d'eau ou de lait bouillant et de miettes de pâte de chocolat.

N° 48
CUILLER À RAGOÛT EN ARGENT

Modèle uniplat gravé d'armoiries d'alliance sur la spatule, timbrées d'une couronne de marquis dans deux écus ovales à dextre, d'argent à trois besants de sable percés du champ
sur un semis d'hermines, à senestre, de sable au sautoir d'or.
Léger choc au cuilleron.
Morlaix, Jean-Pierre Le Goff
(reçu à la maîtrise en 1752), 1777-1778
(lettre-date T)
Long. 27,7cm ; Pds 171 g

300/500€

La cuiller à ragoût a été inventée pour servir l'oille (de l'espagnol «olla»), un succulent potau-feu composé de viandes délicates, de truffes, de légumes rares et d'aromates, introduit lui aussi à la cour de France par Marie-Thérèse d'Autriche. Pourvue d'un large cuilleron, son long manche plat se termine en spatule pour recevoir les armoiries de la famille.

MOBILIER XVIIIe et XIXe

N° 127
TRÈS IMPORTANTE CONSOLE
RECTANGULAIRE

en bois mouluré, sculpté et doré.
La ceinture à quadrillage et branches feuillagées,
la façade ornée d'une femme en buste de profil
dans une coquille.
Repose sur quatre pieds à volutes,
contre-volutes et têtes de chimères réunis
par une entretoise en X volutée centrée d'un
petit dôme ajouré. Époque Régence
Dessus de marbre blanc veiné gris
(postérieur et fendu)
équerrage en ceinture, accidents
dans l'entretoise :
manque deux têtes de chimères,
reprises à la dorure, reprises diverses).
Haut.84,5cm-Larg.178 cm-Prof.72 cm

15 000/20 000€

La console d'applique est l'un des meubles d'apparat du Siècle de Louis XIV et de l'époque Régence. En bois doré le plus souvent, elle est richement moulurée, sculptée de volutes et contre-volutes et recouverte d'un dessus de marbre. Fixée au mur, elle n'est plus soumise aux lois de l'équilibre et, de ce fait, est la première à exploiter les lignes courbes de la Rocaille. Ses pieds droits ou arqués, en cariatides ou en bustes de femmes se terminent en courbes et conservent un croisillon d'entretoise.

N° 111
LARGE CONSOLE RECTANGULAIRE

En chêne richement mouluré et sculpté, la ceinture ajourée à quadrillage présentant des coquilles feuillagées sur les côtés, un visage plumé dans une coquille accotée de larges branches feuillagées.
Repose sur quate pieds cambrés volutés terminés par des sabots et réunis par une entretoise à volutes et contre-volutes.
Dessus de marbre Rance de Belgique
Fin du XVIIe-début du XVIIIe siècle
Haut.88cm-Larg.140cm-Prof.69 cm

10 000/12 000€

N° 94
PAIRE DE FAUTEUILS SIGNÉS V. AIMONE
en noyer, montants sculptés de têtes de soldats casqués
1890/1900

1 200/1 500€

Né à Novare, établi à Paris en 1890, Vittorio Aimone met ses talents de sculpteur au service d'un mobilier d'inspiration médiévale.
Sa participation aux Salon des Artistes Français entre
1897 et 1914 lui vaut une certaine notoriété et des commandes
importantes pour les particuliers, l'Eglise, les musées tel celui
de la Marine à Paris.


ARTS D'ASIE

N° 231
CHINE

Très importante potiche
en porcelaine polychrome
et dorée dite « Imari »,
le corps à pans orné de branches
fleuries feuillagées, frises à motifs de rinceaux et fleurs, le couvercle à prise en bouton.
Fin du XVIIe-début du XVIIIe siècle
(fêle à la base et manques d'émail)
Haut. 63,5cm
ouverture au col : 18,5cm

2 000/ 2 500€

« Imari chinois »
Lors du passage de la dynastie Ming à la dynastie Qing, au milieu du XVIIe siècle, la Chine connaît des temps troublés qui affectent la production des porcelaines d'exportation. Pour satisfaire la demande, les Hollandais se tournent vers le Japon, d'autant plus qu'ils ont le monopole du commerce avec le pays du Soleil Levant. La porcelaine japonaise séduit par son décor floral mariant le bleu cobalt posé « sous couverte », le rouge de fer et l'or étant appliqués «sur couverte». Exportée du port d'Imari sur l'île de Kyûshû, elle en prend vite le nom. L'engouement des Européens est tel que les Chinois lors de la reprise de leur production imitent les porcelaines japonaises en proposant des prix moindres, d'où le succès des Imari…chinois !

N° 236

Important plat rond creux
en porcelaine à décor aux émaux
de la famille verte, ornée de volatiles,
carpes et fleurs
XVIIIe siècle
Diam.54,5cm

300/500€

« Famille verte »
Un décor à dominante d'émaux verts, tirés de l'oxyde de cuivre, dont les subtils camaïeux sont relevés par des touches de rouge, de violet, de bleu, de jaune et d'or mat. Voilà ce qui caractérise les porcelaines de la «famille verte» exportées en Europe sous le règne de l'empereur Kangxi (1662-1730). Le décor est posé «sur couverte», c'est à dire après la pose d'un émail protecteur et une première cuisson de «grand feu» (1400°). Il est ensuite fixé par une seconde cuisson dite de «petit feu» (800°), l'oxyde de cuivre ne résistant pas au grand feu. Les céramistes chinois excellent dans l'art de la composition, aérée, sans surcharge décorative. Savants et vigoureux, les dessins d'inspiration végétale sont traités avec autant d'élégance que de légèreté !

Gwénaëlle de Carné


N° 250
JAPON

Samourai en bronze à patine brune et doré
Signé Miyao sei
Epoque MEIJI (1868-1912)

4 000/ 5 000€

Les ateliers Miyao à Yokohama, l'un des premiers ports japonais à s'ouvrir au commerce extérieur en 1859, sont réputés pour leur production de sculptures ornementales en bronze patiné et doré du plus bel effet : guerriers, samourai, sumotori, figures légendaires du Japon. Leur fondateur Miyao Eisuke (signature Miyao sei) se fit connaître à partir de 1881 en participant à de nombreuses expositions.


Carole JÉZÉQUEL, COMMISSAIRE-PRISEUR

EXPERTS :
Alexis BORDES, Tableaux anciens et XIXe
Sophie VERGNE, Consultante pour l'orfèvrerie
Bertrand BERTHELOT, Membre du Syndicat Français des Experts Professionnels en oeuvres
d'art et objets de collections : Mobilier XVIIIe et XIXe, Pendules, Objets d'art, Sculptures…
Cabinet PORTIER et Associés, Membre du Syndicat Français des Experts Professionnels en
œuvres d'art : Arts d'Asie

EXPOSITIONS PUBLIQUES
Vendredi 9 février 15h/18h
Samedi 10 février 10h/13h et 15h/18 h
Dimanche 11 février 15h/18h
Lundi 12 février 9h/11h