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CERAMIQUES Collection d'un Amateur

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VENTE DU lundi 02 octobre 2017

LUNDI 2 OCTOBRE 2017 à 14 H

CÉRAMIQUES

Collection d'un Amateur

Chine, faïences et porcelaines européennes faïences et porcelaines françaises

N° 227 Nevers : saladier patronymique décoré d'un trois-mâts
Au loin le pont de Nevers surmonté d'un soleil rayonnant
inscription « julien.jourdran.1806 »
6000/8000€

Une merveilleuse collection de céramiques, fruit d'une vie de passion et de curiosité ! Elle a été constituée par un couple d'antiquaires de Normandie, guidés par leur seul amour du Beau. Leurs enfants s'en séparent avec nostalgie, le cœur remué d'émotions partagées, de souvenirs heureux !

A leur mémoire, ces mots magiques qui les faisaient rêver : « faïence de Nevers, porcelaine de Sèvres, Compagnie des Indes, Dynastie Ming…, Hôtel Drouot, marché aux Puces… » Ensuite l'intuition de leur mère pour dénicher la perle rare, l'enthousiasme de leur père à parler de ses trouvailles, son regard brillant lorsqu'il caressait de la main ses antiquités… Enfin, cette manière unique de faire parler les céramiques en leur racontant « une histoire où se mêlait fiction et connaissance. »
En dispersant la collection de leurs parents (269 numéros de 30/40 € à 6000/8000 €) à Rennes Enchères, lundi 2 octobre à 14 h, Catherine, Christine et Jean-Christophe ont voulu être à leur tour des « passeurs de mémoire « pour que se perpétue l'histoire de ces céramiques et que se renouvellent ces voyages immobiles vers d'autres horizons.»

CHINE

Apparue en Chine, probablement à l'époque Tang (618-907) la porcelaine produit les sensations les plus variées ! Elle s'adresse autant au toucher qu'à la vue et à l'ouïe ! Lettrés et poètes chinois l'appréciaient particulièrement. Les craquelures obtenues sur certaines pièces leur inspiraient une foule d'images dont témoignent de nombreux textes anciens.
Porcelaines monochromes de l'époque Song, porcelaines bleu et blanc de l'époque Ming, dont l'exportation en Europe débuta au XVIIème siècle, porcelaines aux trois couleurs sous les Ming également… jusqu'aux familles verte et rose au temps des empereurs Kang-Hi et Kien-Long au XVIIIème siècle, porcelaines à glaçure rouge sang de bœuf colorées par une infime quantité de cuivre… toutes ou presque forcent l'admiration : perfection de la technique, diversité des formes et des pièces (de la théière au pot à gingembre, de l'assiette au vase ou au brûle-parfum…), sens de la composition, sûreté du coup de pinceau, éclat des couleurs, fantaisie des décors…

Bouteille à décor tournant de Chinois N°17 CHINE ( pour le marché perse)
Bouteille à décor tournant de Chinois


dans un paysage montagneux.
Au col, grappes de raisin. Décorée
postérieurement en Europe
de pavillons chinois, barques chinoises …
XVIIIème siècle. Eclat au col et à l'épaulement
H : 25 cm


1000/1500€



N°1 CHINE
Bouteille à fond sang de bœuf


XIXème siècle
H : 33, 5 cm


600/800 €
Bouteille à fond sang de boeuf



Porte-bouquets N° 3 Brûle-parfum

muni de deux anses reposant sur quatre pieds en forme de monstres, prise du couvercle en forme de chien de Fô - H : 33, 5 cm

600/800 €




N°10 Porte-bouquets


formant pendants en grès présentant pour l'un des cailles et des champignons de longévité et pour l'autre un nid d'aigle XIXème siècle H : 25 cm

600/800 €



FAÏENCES ET PORCELAINES EUROPÉENNES

Le développement des ateliers de Delft se situe au moment où la Compagnie des Indes ne peut plus répondre à la demande de porcelaines chinoises. Pour compenser l'insuffisance des arrivages, les faïenciers hollandais imitent la porcelaine en utilisant une argile très fine recouverte d'un émail très blanc et d'un enduit translucide et brillant : le « kwaart ». Les thèmes sont d'inspiration chinoise et traités en bleu et blanc. Avant de laisser place, au XVIIIème siècle à la polychromie de grand feu.

57 DELFT

Paire de vases couverts à pans coupés
à encadrement rocaille fleuri polychrome
avec coquille en relief.
Décor en camaïeu bleu. Au centre un
personnage de la comédie italienne chantant pour
une dame, au loin un pavillon chinois.
Prise des couvercles en forme de lions
XVIIIème siècle
Craquelures et fêlures. Prise des couvercles recollées
H : 36 cm


200/300€


FAÏENCES FRANÇAISES

Pour financer ses guerres ruineuses, Louis XIV, par les édits somptuaires de 1689 et 1709, ordonne de faire fondre la vaisselle d'argent. « Tout ce qu'il y eut de grands et de considérables se mit en huit jours à la faïence. » écrit Saint-Simon dans ses Mémoires. Nevers fut l'un des premiers centres faïenciers français grâce à Louis de Gonzague qui avait amené avec lui une petite colonie italienne dont le maître potier Corrado connu sous le nom de Contade. Dans les années 1630 apparaissent les bleus de Nevers. A la fin du XVIIIème siècle, les faïences parlantes constituent le gros de la production (assiettes patronymiques, saladiers… mariant texte et images).

N° 196 et n° 226 NEVERS Rares saladiers à décor polychrome, motif de l'Arbre d'amour
XVIIIème et début du XIXème siècle. D. 31, 5 cm et D. 33, 5cm. Bon état : 6000/8000€ pièce




Le motif de l'ARBRE D'AMOUR connaît un vif succès entre la fin du XVIIème siècle et les premières années de l'Empire dans les gravures et les images d'Épinal comme dans les faïences de Never . Au faîte de l'arbre, un petit Cupidon armé de son arc et de ses flèches. Sur les branches : neuf gentilhommes tentent d'échapper aux assauts de six femmes pour le moins entreprenantes. Tous les moyens sont bons pour les faire descendre de leur perchoir : mots doux et cadeaux ! « D'agréable manière, Recevez cette tabatière » ou « la charmante Isabeau lui présente un beau chapeau…» Si leurs efforts sont vains, les femmes montent à l'échelle, une gaule à la main pour les faire tomber. Ou alors elles coupent l'arbre par le tronc ! La leçon de cette histoire teintée de moquerie ? Les femmes sont prêtes à tout pour trouver un mari ! Et les hommes à se rendre pour « apaiser leur fureur », en caressant l'espoir « d'être chéris. »

Petit Bacchus assis sur un tonneau N° 136 ROUEN
Petit Bacchus assis sur un tonneau


reposant sur quatre lions assis XVIIIème siècle. Manque un bras
H : 23 cm


1000/1500 €

Rouen, illustrée par des maîtres talentueux : Masséot Abaquesne, Louis Poterat…, connut une renommée égale à celle de Nevers. Les faïenciers rouennais triomphent de toutes les difficultés techniques et répondent à toutes les demandes ! Outre les plats et les assiettes, ils façonnent aiguières, pichets, brocs à cidre, terrines et légumiers, saucières, rafraîchissoirs, jardinières et bouquetières, plats à barbe et bourdaloues, bénitiers, crucifix… Et aussi de très jolies pièces décoratives telles ces fontaines munies d'un petit robinet d'étain figurant Bacchus assis sur un tonneau.

PORCELAINES FRANÇAISES ET EUROPÉENNES

LA PORCELAINE TENDRE
L'attrait de la porcelaine chinoise incita les céramistes européens à rechercher le secret de sa fabrication. En l'absence de kaolin, les Français au XVIIIème siècle, mettent au point un savant dosage permettant d'obtenir une porcelaine artificielle. Les quatre manufactures qui produisaient cette porcelaine dite « tendre » se trouvaient dans la région parisienne : celle de Saint-Cloud protégée par le duc d'Orléans, celle de Chantilly créée par le Duc de Condé, chimiste à ses heures, celle de Mennecy fondée en 1727 par le duc de Villeroy, et celle de Vincennes qui reçut en 1753 le titre de « Manufacture Royale » avec le privilège de marquer ses ouvrages des deux L
entrelacés du roi Louis XV. Quatre ans plus tard la manufacture de Vincennes déménageait à Sèvres et acquit la première place en France pour la qualité de ses techniques et la variété de ses coloris.

LA PORCELAINE DURE
Böttger, l'alchimiste d'Auguste Le Fort, Prince-Électeur de Saxe constata un matin que sa perruque était plus lourde qu'à l'accoutumée parce qu'elle avait été poudrée avec du kaolin ! Il présenta en 1710 au prince le premier objet en porcelaine dure fabriquée en Europe. La
manufacture établie à Meissen se développa rapidement, encouragée par le souverain. Auguste Le Fort qualifiait sa passion pour la porcelaine de « maladie » ! Sous son implusion, puis celle de son fils et du comte de Brühl, Dresde s'enrichit d'une extraordinaire collection de porcelaines !

Groupe en porcelaine polychrome
monument à la gloire du Comte de Brühl


représenté en médaillon sur une colonne entourée de deux figures portant des guirlandes de fleurs ( Vénus et l'Espérance ?)
Au sommet de la colonne, deux amours assis
Au revers, ses armoiries et un enfant découvrant un coeur enflammé.
Base carrée rehaussée de guirlandes de feuillages et pamilees or
Marqué en bleu en dessous
Fin XVIIIe


800/1000€
N° 77 ALLEMAGNE MEISSEN


Protecteur de la manufacture de Meissen, bibliophile et grand collectionneur de tableaux, le comte de Brühl, premier ministre et favori d'Auguste III, fils d'Auguste le Fort, avait obtenu l'autorisation de passer des commandes illimitées. Il fit exécuter de splendides services de table dont le légendaire service aux Cygnes en 1737, 2300 pièces façonnées par Kaendler et Eberlein. Le monument de porcelaine qui lui est dédié témoigne de sa prodigalité et le coeur enfammé, tenu par l'un des petits amours , de sa passion pour la porcelaine.

PORCELAINE FRANÇAISE
la France ne put vraiment produire de porcelaine dure qu'après 1768. En 1761, Sèvres avait acquis du Strasbourgeois Hannong le secret de fabrication. La découverte d'abondants gisements de kaolin en Limousin favorisa l'essor des fabriques de porcelaine dure. Seule entrave à ce développement : le monopole que Sèvres tenta de maintenir face à une concurrence jugée dangereuse. C'est pourquoi les quatre plus grandes fabriques parisiennes se placèrent sous la protection de membres de la famille royale : la reine elle-même, le comte de Provence, le comte d'Artois et le duc d'Angoulême. En tout, la capitale compta une douzaine de manufactures et sa production fut désignée sous le terme générique de « porcelaine de Paris », remarquable pour la qualité de la pâte achetée à … Limoges.

PORCELAINE DE PARIS

N° 116 Paire de vases à décor de paysage

Fin XVIIème/début XIXème siècle
H : 24 cm


600/800 €


N°117 Paire de coupes à piédouche
octogonal et décor de dauphin


XIXème siècle
H : 22 cm


400/600€

Les paires de vases en porcelaine de Paris sont très recherchés pour l'élégance de leurs lignes, la finesse de leur décor tel ce modèle XVIIIe à piédouche orné de palmettes vertes et or, anses formant branchages et décor de paysage en grisaille dans un médaillon entouré d'un filet d'or, le tout rehaussé de vases fleuris, et lambrequins. De même ces coupes à décor bleu et or sur un piédouche en forme de dauphin dont l'intérieur est semé de bouquets de fleurs roses.

CÉRAMIQUES D'AFRIQUE DU NORD


A chaque mets, son contenant ! Rien de commun entre le la théière et le pot à gingembre chinois, l'assiette et la terrine européenne et tous ces ustensiles conçus pour présenter les spécialités marocaines : le hallab (n°78), pot à deux anses pour conserver le lait, la jobbana (n°79), soupière pour servir la « harira » (soupe du Ramadan), le zlafa (n°80) grand plat creux pour présenter cette même soupe, la khabia (n°81), grande jarre à couvercle pour l'huile, le miel ou les légumes, la guedra (n°82), cruche à goulot étroit pour conserver l'eau fraîche, le ghotar, plat creux pour servir la pastilla, le mokfias (n°96) pour le couscous. Des pièces en faïence polychrome en provenance de Fès, de Meknès, datées de la fin XIXe /début XXe, joliment décorées de médaillons ornés de palmettes, de motifs floraux stylisés, de lambrequins ou de dessins géométriques du plus bel effet ! Dans une palette à dominante de bleu, de vert et d'ocre. Et une fouchette d'estimation de 140 à 220 €.

Gwénaëlle de Carné


EXPOSITIONS PUBLIQUES
samedi 30 septembre 10h/13h et 15h/18h
Lundi 2 octobre 9h/11h
ESTIMATIONS GRATUITES DE CÉRAMIQUES
Lundi 2 octobre de 10h à 12h