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Or, Orfèvrerie, Marine, Mobilier, Objets d'Art

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VENTE DU lundi 04 avril 2016


MONNAIES D'OR, ORFÈVRERIE, GRAVURES, TABLEAUX ANCIENS,
SCULPTURES, OBJETS DE MARINE, ARTS D'ASIE, OBJETS D'ART, MOBILIER


« Objets inanimés, avez-vous donc une âme... » Les mots de Lamartine trouvent un écho dans les quelques 300 pièces rassemblées par Maître Carole Jézéquel pour la vente de Rennes Enchères, lundi 4 avril à 14 h. Des objets et des meubles où le beau s'allie à l'utile : un huilier-vinaigrier XVIIIe de l'orfèvre parisien L.-J. Bouty-Milleraud (n°57), des objets de marine, un miroir en bois doré piémontais (n°239), un meuble signé E. Garnier dans le goût de la Renaissance (n°298), une mosaïque des Brasseries nantaises (n°144) et même un bidet XVIIIe en acajou massif ! (n°270). Un véritable inventaire à la Prévert !

ORFÈVRERIE

Dans l'art de présenter les mets, les orfèvres du XVIIIe sont rois et rivalisent d'ingéniosité !

N° 57 Huilier-vinaigrier
Monture en argent, armoiries
Flacons de cristal taillé bleu
Paris, L.-J. Bouty-MIlleraud,
1782-1783

600/1000 €


N° 58 Huilier-vinaigrier
Paris
R.-P. Ferrier, 1784-1785


L'huilier-vinaigrier apparaît en France à la fin du XVIIe. À l'origine, il se compose d'un petit plateau d'argent sur lequel sont fixés des gobelets ajourés qui reçoivent des burettes de verre ou de cristal. Une prise centrale équipée de porte-bouchons permet de saisir l'ensemble.

Sous la Régence, un autre modèle voit le jour : un petit bassin en forme de navette reposant sur quatre pieds, sur lequel est fixé un châssis mobile composé de quatre cerceaux d'argent destinés à recevoir les deux burettes et leurs bouchons d'argent. Vers 1750, les orfèvres combinent ces deux modèles pour assaisonner au mieux la laitue. Déjà servie à la table des rois de Perse en 150 av. J.C., elle connaît au XVIIIe un développement extraordinaire : plusieurs centaines de variétés aux noms évocateurs, telle la « Grosse blonde paresseuse » citée par Vilmorin.

N° 144 Grand panneau
en mosaïque polychrome

Figurant une paludière
début XXe
Provenant de la Brasserie de la Meuse
Chantenay, près de Nantes

6000/8000 €


Une mosaïque inédite par son sujet : une paludière version années trente ! Coiffée du chapeau de feutre noir à larges bords, porté avec un certain chic, elle retrousse ses manches. A l'horizon sous le ciel nacré, un port.

Ce panneau ornait les murs de la salle de fermentation de la Brasserie de la Meuse fondée en 1900 par Eugène Burgelin à Chantenay près de Nantes. En 1905, celui-ci s'associ eavec deux autres brasseurs de Nantes, Schaeffer et Rottenbach. Ainsi naissent «Les Brasseries nantaises» regroupées sur le site des anciennes carrières de Misery avec pour emblème le paludier sur les affiches et étiquettes des cinq bières de la maison dont «le Paludier».

Par son style Art Déco et sa facture, la mosaïque de la paludière se rattache aux productions d'Isidore Odorico fils (1893-1945), l'un des héritiers de l'entreprise fondée à Rennes en 1882. Formé à l'Ecole des Beaux-Arts de Rennes, il devient l'un des plus actifs promoteurs de la mosaïque en Bretagne et crée trois succursales à Angers, Dinard et Nantes. Il s'illustre dans les demeures privées (la Maison Bleue à Angers, 1927) et dans les monuments publics (Piscine Saint-Georges à Rennes). Il lance la mode des devantures de boutiques en mosaïque avec un décor toujours en rapport avec leurs spécialités (poissons et crustacés pour la Poissonnerie Sainte-Anne à Rennes). Il est tentant de lui attribuer la paludière des Brasseries nantaises (détruites en 1987).

OBJETS DE MARINE

Le Siècle des Lumières est aussi celui des grandes expéditions maritimes : Bougainville, Cook, La Pérouse... Dans les années 1750, de nouveaux instruments de mesure et des progrès techniques en matière de construction navale (coques renforcées par des éléments métalliques et doublées de plaques de cuivre, voilures et mâtures modifiées pour faciliter les manœuvres) permettent une navigation plus sûre.
Les maquettes de bateau rendent compte de ces évolutions telle cette frégate en os à trois mâts, armée de vingt-huit canons répartis sur deux ponts. Une réalisation des plus fines et des plus réalistes avec sa figure de proue en ivoire et ses bordées de bois précieux
(n° 157, début XIXe, 3000/4000 €).
L'esthétisme des instruments de mesure force l'admiration : diptyque XVIIe en ivoire du Dieppois Charles Bloud (n°151, 1500/1800 €), cadrans solaires en laiton gravé (n° 163 et n°164, 400/500 €) de Claude Langlois (1703-1756), ingénieur du roi, l'un des meilleurs de son temps, théodolite en acajou XVIIIe (n°156)... A noter que l'art de la maquette trouve aujourd'hui d'excellents interprètes tel Christian de Rengervé, maquettiste pour le cinéma, auteur d'un superbe modèle réduit du cuirassé «La Dévastation» construit à Lorient,
lancé en 1879 (n°208, 18000/25000 €).



MIROIRS

N°239 Grand miroir en bois doré et parecloses
Italie, Piémont
Fin du XVIIIe

5000/6000€

Un objet de prix et un élément de choix dans la décoration intérieure, du petit miroir bombé des époux Arnolfini dans le tableau de Van Eyck (1434) à la Galerie des Glaces.
Des miroirs de plus en plus grands et de la plus belle eau à partir du moment où le verre n'est plus soufflé mais coulé (1688). Au début du XVIIIe, Robert de Cotte introduit les trumeaux de glace dans les salons (miroirs intégrés aux boiseries). Les miroirs à suspendre rencontrent aussi un vif succès. Ainsi, sous la Régence, les miroirs en bois doré, à parecloses et frontons Rocaille. Ils ont leur équivalent au Piémont, modèle plus haut et plus étroit à placer entre deux fenêtres : ici, fronton ajouré à motifs de vasques, corbeilles de fleurs, branches feuillagées, chaînes et rangs de perles.


MOBILIER

N° 270 Bidet de voyage
Acajou massif
Fin de l'époque Louis XVI

500/600€


Un petit meuble de toilette «au nom équestre, incivil à prononcer» ! Les originesdu bidet sont confuses. On ne connaît ni le enom de son inventeur, ni la date précise de son apparition, si ce n'est qu'il est l'oeuvre des «meubliers» parisiens du règne de Louis XV.
En 1739, le maître tourneur Rémy Pèverie mentionne des bidets sur sa carte de visite sans préciser à quel sexe il les destine. Au temps du libertinage, cet instrument que l'on enfourche comme un petit cheval devient vite «le confident des dames». Cet «indicible violon» a aussi les
faveurs des messieurs. Le Duc de Choiseul commande un bidet à Oeben, ébéniste du roi, pour son château de Chanteloup. En 1808,
Napoléon, maniaque de la propreté se fait livrer un «bidet en argent vermeil avec seringue et ses canons, boîte à éponge, le tout en argent doré» dans un coffre d'acajou.
Quant à son aide de camp, le Général Lemarois, il choisit un bidet de voyage signé Biennais (1814). Celui de Rennes Enchères en est très proche : acajou massif rehaussé aux angles et sur la serrure de plaques de cuivre, forme rectangulaire (typique de la fin du XVIIIe) et non plus ovale, pieds fuselés démontables, réceptacle en étain avec sa seringue.

N° 298 Meuble à hauteur d'appui
En noyer, reliefs sculptés rehaussés à l'or
Dans le goût de la Renaissance
2e moitié du XIXe
Signé E. Garnier

1100/1800 €


«De hauts dressoirs, des meubles Renaissance, des cheminées comme au château de Blois». Tel est le rêve d'Odette de Crécy, l'héroïne de Proust, pour la salle à manger de son «petit hôtel». Au Second Empire, la vogue du style Henri II ou Néo-Renaissance est à son comble : mobilier, décoration intérieure (chambre du Comte de Chambord), architecture (Palais du Louvre et des Tuileries revus par Lefuel).
A l'origine de ces pastiches : la création du Musée des Monuments français dans le couvent des Petits Augustins à Paris où Alexandre Lenoir avait rassemblé dès 1816 de beaux vestiges de la Renaissance, rescapés du vandalisme révolutionnaire, sans oublier les travaux de Félix Duban à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris dans le goût Renaissance, les romans historiques et les pièces à succès («Lorenzaccio» d'Alfred de Musset, 1834).

Le meuble d'appui présenté par Rennes Enchères s'inscrit dans ce courant : par le choix du bois (noyer) et le décor de colonnes baguées, incrustations de marbre, panneaux sculptés de gracieux personnages de la mythologie inspirés de l'Ecole de Fontainebleau, rehaussés à l'or ! Une pièce unique, signée E. Garnier, descendant d'une lignée de talentueux ébénistes, établi rue Jacob à Paris en 1863.


Gwénaëlle de Carné


EXPOSITIONS PUBLIQUES
vendredi 1er avril de 15h à 18h
samedi 2 avril de 10h à 13h et de 15h à 18h
dimanche 3 avril de 15h à 18h
Lundi 4 avril de 9h à 11h