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Tableaux Anciens, Mobilier, Objets d'Art

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VENTE DU dimanche 22 novembre 2015

TABLEAUX, MOBILIER, OBJETS D'ART

Rennes Enchères, au travers de ventes remarquées, contribue à former le goût, à susciter la curiosité tout en veillant à la sauvegarde et à la transmission du patrimoine.
Dans cet esprit, Maître Carole Jézéquel apporte son soutien à l'association «Dinan Patrimoine» pour la restauration des remparts de cette ville dont un pan s'est effondré le2 mars 2015. Rennes Enchères a organisé en juin avec huit experts deux journées
d'estimations gratuites. Les objets qui lui ont été confiés (reconnaissables au logo de l'association) seront vendus dimanche 22 novembre à 14 h. Rennes Enchères versera une partie de ses honoraires à l'association qui s'est fixé pour mission de restaurer le rempart et les 71 bâtiments inscrits ou classés Monuments Historiques à Dinan.
A remarquer : des pièces d'orfèvrerie aussi raffinées qu'utiles à des prix abordables. Idéal pour composer une belle table et lui donner de l'éclat !

Lors de cette vente, Maître Jézéquel dispersera le mobilier d'une belle demeure du sud de Rennes, à la requête de Maître Le Couls, notaire à Bain-de-Bretagne, mobilier de qualité aux quel s'ajoutent des œuvres de provenance diverse : orfèvrerie XVIII e,
XIX e et XX e, tableaux anciens et XIX e ( portrait de gentilhomme en armure de l'entourage de Nattier, n°74 : 2000/3000€), arts d'Asie, sculptures (exceptionnel taureau en bronze d'Isidore Bonheur, n°116 : 4000/5000€ ), céramiques ( «Les porteuses de goémon» de Georges Robin, membre des Seiz Breur, n°128 : 1500/1800€), une paire de lions héraldiques en faïence de Saint-Clément d'Emile Gallé, n° 143 :1500/2000€) des armes anciennes, des objets d'art, tapis... Soit quelques 278 numéros.

En lumière : une rare coupe libatoire sculptée dans un corne de rhinocéros, travail chinois du XVIII e (n° 97), un élégant secrétaire en pente XVIIIe, digne de Madame de Pompadour, estampillé Carel (n°173), un très important cartel signé Toussaint Lenoir à Paris, un maître-horloger réputé, né à Rennes (n° 186).



N° 97 CHINE

Coupe libatoire en corne de rhinocéros
À décor sculpté d'un immortel assis dans une barque
Près d'une falaise ombragée de pins. XVIIIe

Haut. 9,2 cm, poids : 274 g

Socle en bois à décor de pins

Estimation : 20000/30000 €
N° 97

Une allure guerrière, une puissante cuirasse et des cornes sans prix ! Le rhinocéros a toujours suscité la curiosité !
En 1515, un rhinocéros est offert en cadeau par le roi du Portugal au Pape Léon X. Dürer le dessine sans même l'avoir vu ! En 1769, le gouverneur français de Chandernagor offre à son tour un rhinocéros au roi Louis XV. L'animal débarque à Lorient le 4 juin 1770 et patiente deux mois et demi le temps de préparer le véhicule qui le transportera à Versailles où il sera montré au public pendant 22 ans. Il sera tué d'un coup de sabre à la Révolution !
Le rhinocéros est très recherché pour ses cornes : une ou deux selon l'espèce.

«C'est avec cette arme, rapporte Buffon dans son «Histoire naturelle» «que le rhinocéros attaque et blesse quelque fois mortellement les éléphants de haute taille dont les jambes élevées permettent au rhinocéros qui les a plus courtes de leur porter des coups de butoir et de corne sous le ventre où la peau est la plus pénétrable»

En 1686, les ambassadeurs de Siam offrent à Louis XIV six cornes de rhinocéros. «Plus estimées des Indiens que l'ivoire de l'éléphant», ces cornes passent pour être de «puissants antidotes contre toutes sortes de poisons». (Nicolas Gervaise ,«Histoire naturelle de Siam» (1688). Buffon, encore lui, rapporte que «les Indiens font dans cette matière plusieurs ouvrages au tour et au ciseau.» Dans sa description du Cabinet du Roi (1754, Tome XI), il mentionne au numéro 1053 «un vase pris à la base d'une corne de rhinocéros». Les bords sont « festonnés» et «les parois extérieures sculptées de feuillages et de fruits». Sans doute une coupe libatoire comme celle que présente Rennes Enchères.
En Chine, les plus belles, couleur «miel foncé», remontent à l'époque Qing. Contenant les breuvages destinés aux libations, bus ou déversés sur le sol
en offrande aux divinités, ces coupes sont remarquables pour leur décor inspiré de la nature, dans la tradition taoïste : pivoines, chrysanthèmes, fleurs de lotus, branches de pin, de prunus, oiseaux, insectes, animaux (singes, cerfs, loirs), créatures fabuleuses (dragons, phoenix, chimères) et ce qui est plus rare, véritables paysages comme celle de Rennes Enchères. Outre leur matière, une façon de rappeler à l'homme l'éternité de la nature. Signes de prestige social, ces coupes étaient l'un des attributs des lettrés chinois.

N° 173 N° 173 Secrétaire en pente en marqueterie

Estampillé Carel
Epoque Louis XV, circa 1750 ( petits manques de placage)

Haut. 92 cm-Larg.74,5cm-Prof. 48 cm.

Estimation : 5000/70000€

Un petit bureau d'appoint très apprécié des femmes cultivées du Siècle des Lumières. Peu encombrant, élégant de lignes, pieds joliment galbés, marqueterie chatoyante, le «secrétaire en pente» trouve sa place dans les boudoirs parisiens dès le début du règne de Louis XV. Il est pratique et sûr : le gradin à tiroirs disposé jusque là sur la table et fermé à clé pour garder ses secrets est dissimulé au regard par un abattant en pente doublé de cuir au revers.
A partir de ce modèle, Oeben imaginera quelques années plus tard le bureau cylindre. Celui qu'il dessine juste avant sa mort pour Louis XV possède une tablette qui avance automatiquement dès que le cylindre s'ouvre, d'un seul tour de clé.
Le secrétaire en pente inspire les meilleurs ébénistes du moment : Jacques Dubois, Pierre II Migeon et Jacques-Philippe Carel. Né à Paris en 1688, cet artisan talentueux fait son apprentissage à partir de 1712 dans l'atelier de Thomas Hache, issu d'une illustre lignée d'ébénistes dauphinois. De retour à Paris, lettres de maîtrise en poche, il se fait vite remarquer pour son sens des proportions et la qualité de ses marqueteries. Il séduit une riche clientèle française et étrangère et reçoit de nombreuses commandes du Garde-meuble de la Couronne. Ses secrétaires en pente ont les faveurs de Mesdames Sophie et Victoire, filles de Louis XV pour leurs appartements de Versailles et de Madame de Pompadour pour le château de la Muette (le secrétaire de la marquise est aujourd'hui dans ses appartements de Versailles).
Le secrétaire en pente de Rennes Enchères est très proche de ce modèle : mêmes dimensions, mêmes galbes. «En marqueterie de bois de violette, bois de rose et satiné, à caisson légèrement galbé, il présente sur toutes ses faces des cartouches polylobés à losanges croisillonés (à la manière de Hache, précise l'expert Bertrand Berthelot). «L'abattant dévoile un intérieur à quatre tiroirs galbés en gradin encadrant un coffre. La fermeture de celui-ci condamne le plateau coulissant d'un secret». L'ornementation est soignée : «chutes et sabots de bronze,moulures rapportées». Carel devait en être fier, il porte six fois son estampille !

N° 186 Très important cartel et son support

En écaille et laiton ciselé
Cadran émaillé marqué «Toussaint Lenoir à Paris»
Caisson violoné surmonté d'une Renommée
Riche ornementation de bronzes ciselés et dorés ,
Marqués pour la plupart au «C» couronné . Epoque Louis XV
Toussaint-Marie Lenoir, reçu maître en 1730

Estimation : 3500/4000€
N° 186

Au XVIIIe, Paris est avec Genève et Londres la capitale de l'horlogerie. Diderot le confirme dans son «Encyclopédie» : ...«l'horlogerie s'est rendue si supérieure depuis 40 ans qu'elle s'est acquise la plus haute réputation chez l'étranger même qui la préfère actuellement à tout autre parce qu'elle l'emporte véritablement par la bonté et le goût.»

Sous Louis XV, les cartels, pendules murales reposant sur une petite console sont très recherchés comme éléments de décoration intérieure : raffinement des matériaux (marqueterie d'écaille et de laiton, corne teintée, laque de Coromandel, bronzes ciselés), originalité des formes tout en mouvement, dans l'esprit du style rocaille.
Le très important cartel présenté par Rennes Enchères est signé Toussaint Lenoir. Né à Rennes en 1704, paroisse Saint-Germain, il appartient à la quatrième génération d'une lignée d'horlogers établis à Paris. Reçu maître en 1730, installé Pont Saint-MIchel à Paris comme son frère Augustin, il a signé les cartels du Palais de Justice de Rouen et de l'Hôtel de ville de la Rochelle. De dimensions semblables, le cartel provenant d'une demeure du sud de Rennes est très élégant : boîtier violoné surmonté d'une gracieuse Renommée, riche ornementation de bronzes ciselés et dorés marqués pour la plupart au «C» couronné (marque apposée de 1745 à 1749), délicats personnages dont l'un porte un parasol oriental, cadran à 25 plaques émaillées marqué Toussaint Lenoir à Paris comme sur la platine arrière.
Toussaint Lenoir avait l'habitude de travailler avec Jean-Pierre Latz, originaire de Cologne, établi à Paris dès 1719 comme ébéniste, spécialisé dans la fabrication de boîtiers de pendules (170 dénombrés en 1754 dans l'inventaire après décès de son atelier pour seulement 48 meubles). ll y a tout lieu de penser que le cartel de Rennes comme celui de Rouen est le fruit de la collaboration de ces deux artistes.

Gwénaëlle de Carné


EXPOSITIONS PUBLIQUES
vendredi 20 novembre de 15 h à 18h
samedi 21 novembre de 10 h à 13h et de 15 h à 18 h

ASSOCIATION DINAN PATRIMONE
www.dinan-patrimoine.com