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Tableaux Anciens, Mobilier, Objets d'Art

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VENTE DU lundi 05 octobre 2015

VENTE DU LUNDI 5 OCTOBRE 2015
TABLEAUX, MOBILIER, OBJETS D'ART


«L'art est beau quand la main, la tête et le coeur travaillent ensemble». Ces mots de John Ruskin, fervent admirateur de Turner résonnent à chacune des ventes de Rennes Enchères.
La vente du lundi 5 octobre à 14 h sous le marteau de Maître Carole Jézéquel en est l'illustration : orfèvrerie (timbales XVIIIe, n° 9 et n°10), tableaux anciens (Jean Restout : «les pélerins d'Emmaüs», n° 33), sculptures (Barye,«Eléphant du Sénégal» n° 61), céramiques (une collection de Vierges en faïence, n° 68 à n° 112), un vase de Joseph Mougin, n° 126), Art Nouveau, arts d'Asie, mobilier et objets d'art (une chaise à porteur XVIIIe, n° 199, une console Régence en bois doré, n° 201) et deux lustres d'exception d'époque Empire et Napoléon III, n° 207 et n° 192 ... soit quelques 272 numéros qui témoignent de l'excellence des artistes et du raffinement des goûts.

Un éléphant du Sénégal saisi en plein élan, les pattes vigoureusement lancées, les oreilles en mouvement, la peau plissée à souhait !
Antoine-Louis Barye est à la sculpture ce que Delacroix est à la peinture. Les deux hommes se connaissent et s'estiment. Ensemble, ils se rendent au Museum d'histoire naturelle en
1827 lorsqu'ils apprennent que «le lion est mort» ! Barye travaille d'après nature avec une prédilection, comme Delacroix, pour les combats d'animaux. En 1831, il se fait remarquer au Salon pour «le tigre dévorant un gavial» «d'une impressionnante virtuosité» ! En 1836, il triomphe avec le
«lion au serpent».
Au marbre, Barye préfère le bronze et ses patines, verte, brune, noire ... pour s'accorder à la robe des panthères, des gazelles et autres bêtes sauvages. L'éléphant lui inspire plusieurs bronzes : éléphant de Cochinchine, éléphant du Sénégal, «éléphant barissant», «éléphant désouchant
un tronc» jusqu'à l'éléphant du surtout de table commandé par le duc d'Orléans en 1834.
Barye travaille avec le fondeur Barbedienne, le meilleur à Paris, sous contrat d'édition avec plusieurs artistes : Rude, Carrier-Belleuse, Frémiet...
Le bronze de Rennes Enchères porte la marque «F. Barbedienne, fondeur» et surtout le cachet or FB. Utilisé par le fondeur entre 1876 et 1889, c'est un gage de qualité et d'ancienneté.

N° 61 Antoine-Louis BARYE 1796-1875SCULPTURES
N° 61 Antoine-Louis BARYE 1796-1875
«Eléphant du Sénégal»

Bronze patiné, signé sur le socle
Cachet or FB et marque F. Barbedienne fondeur
Haut.14 cm, Larg. 21,5 cm, Prof. 7cm
Estimation : 2500 /3000€

CÉRAMIQUES


N° 126 Joseph MOUGIN (1876-1961)
N° 126 Joseph MOUGIN (1876-1961)
D'après un modèle de Jules-Aimé GROSJEAN
Vase dit «Les Ages de la vie»


Grès émaillé
Signé Mougin Nancy Grosjean
Numéroté 160 sous la base
Haut. 43 cm
Estimation : 1500/2000€
Que de tendresse dans ce vase intitulé «les Ages de la vie»,
véritable hymne à la maternité !

Jules-Aimé Grosjean (1872-1906), le sculpteur, donne ici
une version très riche des âges de la vie : d'un côté une jeune
femme entourée d'enfants rieurs et espiègles qui allaite le dernier né, de l'autre, un vieillard.. Il fallait toute l'imagination de Grosjean pour renouveler ce thème et tout le talent de Joseph Mougin (1876-1961) pour donner vie à ces personnages en relief, comme jaillis de la panse de ce vase en grès émaillé.

Associé à son frère Pierre, Joseph Mougin, formé à l'Ecole de Nancy auprès de Victor Prouvé et d'Ernest Bussière, a toujours eu la passion des arts du feu. Dans leur atelier de Montrouge puis de Nancy à partir de 1906, les deux frères forment un parfait tandem: à Joseph la sculpture, à Pierre la recherche des émaux. Dès leurs premières œuvres dans l'esprit de l'Art Nouveau, les deux artistes préfèrent le lyrisme au réalisme. Ils combinent «naturalisme végétal» et «symbolisme». Avec un sens aigu du détail et beaucoup de sensibilité dans l'accord des couleurs, au gré des effets produits par les glacis et les cristallisations.

MOBILIER

Inspirée des palanquins orientaux, la chaise à porteurs arrive d'Angleterrre vers 1640. Jusqu'à la Révolution, pour les «gens de qualité», ce moyen de locomotion est le plus adapté aux courts trajets en ville. Maniable et peu encombrante dans les rues interdites aux carrosses, elle se compose d'un siège, d'une portière vitrée et de deux bras mobiles pour son transport par deux hommes, bras appelés «bâtons de chaise» d'où l'expression «mener une vie de bâton de chaise».

La chaise à porteurs protège son passager des intempéries et des immondices qui jonchent le pavé. Selon Molière, c'est «un retranchement merveilleux contre les insultes de la boue» ! C'est ainsi que Madame de Maintenon en 1698 se retrouve au camp de Compiègne «dans sa chaise entre ses trois glaces et ses porteurs retirés... A la glace droite, le Roi debout..» (Mémoires de Saint-Simon).

A Versailles, la maison du Roi Louis XIV était dotée d'un service de garçons porte-chaises que le souverain tenait en grande estime. «Les chaises dorées» montaient les personnes de rang jusqu'à leurs appartements ! Comme les carrosses, les chaises portaient généralement les armoiries de leur propriétaire et soulignaient ainsi leur rang social. Les porteurs se devaient d'être stylés : «livrée de soie jaune» et «chapeau de castor» pour ceux de Perrine de Langan à Rennes en 1720.

En bon état, la chaise à porteurs de Rennes Enchères, d'époque Louis XV est d'une exécution soignée : bois doré mouluré et sculpté de bouquets de fleurs et branches feuilagées, toile enduite de couleur marron, dôme orné d'une toile rehaussée de gros clous dorés et de six vasques en bronze, intérieur en velours gaufré rouge à motifs floraux. Avec ses deux barres de portage, elle est prête à l'emploi !
N° 199 Chaise à porteurs En bois doré mouluré et sculpté
N° 199 Chaise à porteurs
En bois doré mouluré et sculpté


Seconde moitié du XVIIIe
Haut.168 cm, larg.72 cm, prof.88 cm

LUSTRES

N° 207 Lustre corbeille
N° 207 Lustre corbeille

Bronze ciselé et doré et ajouré
à 24 lumières
Vers 1810-1820

Estimation : 12000/15000 €
N° 192 Important lustre en bronze ciselé
N° 192 Important lustre en bronze ciselé

et doré à 24 lumières et riche ornementation
Epoque Napoléon III

Estimation : 3000/5000 €


Les plus beaux brillent de mille feux ! C'est aux maîtres verriers qu'ils doivent leur éclat. Au XVIIe siècle, les lustres en «cristal de Venise» produits par les verriers de Murano font sensation àla Cour de France, de même que les girandoles, candélabres à plusieurs branches évoquant la gerbe d'eau, «giranda». Finies les «couronnes de lumière» du Moyen Age composées de cerceaux de fer, abandonnés les lustres flamands à tige axiale de laiton et branches porteuses de bobèches. Même les lustres hollandais à boule de cuivre et plusieurs étages de branches «porte-lumière» paraissent démodés !
Au XVIIIe, le cristal de Bohême, à l'oxyde de plomb, supplante le cristal de Venise. En témoignent les commandes de la Reine Marie Leczinska à Versailles ainsi que le rapporte le duc de Luynes : «on a mis des lustres et des girandoles dans tout l'appartement, jusqu'au Salon d'Hercule et les Menus Plaisirs ont acheté un grand nombre de lustres et girandoles en cristal de Bohême pour les fêtes des Appartements». Ces lustres sont remarquables pour la beauté et le brillant de leurs pendeloques. Finement taillées, elles multiplient par le jeu des reflets et des facettes le scintillement des bougies.
En 1764, Louis XV autorise l'évêque de Metz, Mgr de Montmorency-Laval à fonder une verrerie à Baccarat en Lorraine. Les souffleurs imaginent alors pour les lustres de merveilleuses parures qui séduisent les cours européennes, les empereurs et les présidents.
A chaque style son lustre : Rocaille, Louis XVI, Empire, Restauration...Napoléon III, (en corbeille, en couronne décorée de motifs en cristal, à plusieurs rangs de bras de lumière entremêlésde perles et de pendeloques...) Le lustre fait aujourd'hui un retour en force tel le lustre «Zénith» créé par Philippe Starck pour Baccarat.
Rennes Enchères présente deux lustres d'exception. Daté des années 1810/1820, le premier (n° 207) est un lustre corbeille en bronze ciselé, doré et ajouré à 24 lumières, dans une cascade de perles, d'amandes et de pendeloques en cristal taillé. Les bras sont agrémentés de paniers et d'amours en buste tenant des rinceaux. Le second (n°192) est d'époque Napoléon III. En bronze ciselé et doré à 24 lumières, étagé sur deux rangs, il est remarquable pour son décor : surle fût central à bobèches feuillagées, trois enfants sonnent de la trompe. Sur les bras de lumière joliment arqués : une très belle ornementation de pampilles à facettes, de «marguerites tournantes» et d'étoiles en cristal.

Gwénaëlle de Carné