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TABLEAUX et SCULPTURES du XIXe au XXIe siècle

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VENTE DU lundi 08 juin 2015

VENTE DU LUNDI 8 JUIN 2015 À 15 H00

TABLEAUX ET SCULPTURES

MORET, MARTIN, COCTEAU, UTRILLO ...


Une belle palette de sensibilités et surtout quatre artistes de renom : les peintres Henry MORET (n° 19), Henri MARTIN (n°24, n° 25), Jean COCTEAU (n°29 à n°41), Maurice UTRILLO (n°48) !
Ils sont les têtes d'affiche de la vente de tableaux, dessins, sculptures, orchestrée de concert lundi 8 juin à 15 h à Rennes Enchères par Maître Carole JEZEQUEL, commissaire-priseur et Michel MAKET, expert, membre du syndicat français des experts professionnels en œuvres d'art et objets de collection.
Michel Maket se définit comme un «passeur d'art» ! Une jolie formule pour faire partager ses découvertes ! Les œuvres sélectionnées : 78 numéros de Paul Aïzpiri (73) à Warhol (76) en passant par Derain (53), Camoin (49 à 52), Castelli (78), Tobiasse (75)... forment une «collection éphémère et hétéroclite». Des œuvres estimées entre 150 / 250 € pour les «nénuphars sur l'étang de Villiers» peints par Henri Saintin et 50 000 / 80 000 € pour les «bateaux de pêche près de la côte» à Audierne, 1906, une toile signée Henry Moret, grande figure de l'Ecole de Pont-Aven !
Puissent ces œuvres par leur sujet, leurs formes, leurs couleurs, l'originalité de leur interprétation capter le regard et susciter le désir de les acquérir, pour les contempler à loisir !

Henry MORET (1856-1913)

N° 19 « Bateaux de pêche près de la côte», 1906
(probablement la digue et le phare du Raoulic à Audierne)
Huile sur toile, signée et datée en bas à gauche
54 x 73 cm

Estimation : 50 000 / 80 000 €

Un excellent coloriste, habile à apprivoiser la lumière, de sa touche frémissante, tout en mouvement !

Henry MORET est un remarquable paysagiste, l'un des maîtres les plus talentueux de l'Ecole de Pont-Aven ! Il a découvert la Bretagne lors de son service militaire à Lorient. Lorsqu'il rencontre Gauguin à Pont-Aven en 1888 après ses études aux Beaux-Arts de Paris dans l'atelier de Lehman, il est déjà un habitué du Salon des artistes français et de la peinture en plein air qu'il pratique au Pouldu. Parce qu'il tient à son indépendance, il s'installe non pas à la Pension Gloanec mais chez le maître du port Kerluen. Et à l'auberge de Mary Henry au Pouldu où il retrouve Gauguin et ses amis en 1889/1890, il préfère une maison du Bas Pouldu. De 1888 à 1913, Le Pouldu, Doëlan, Porspoder, Audierne, les îles d'Ouessant, Houat, Groix... lui inspirent des toiles vibrantes de lumière, hautes en couleurs ! Dès 1895, le synthétisme des formes cher à Gauguin et Emile Bernard laisse place à la touche impressionniste. Ses toiles gagnent en luminosité, tels «Bateaux de pêche près de la côte», 1906 (n° 19), une huile remarquable de ce point de vue !

Moret saisit toutes les nuances de la mer, eaux turquoise et vert pâle teintées de rose, en écho aux nuages pourchassés par le vent. Quant aux voiles rouges, elles sont du plus bel effet devant la digue et le phare du Raoulic, figurés dans une toile de 1895 (collection particulière) à marée montante.
Virtuosité de la touche, luminosité des couleurs, fraîcheur des impressions, voilà ce qui a séduit le grand marchand Durand-Ruel et ses héritiers : une exposition Moret en 1898, des rétrospectives en 1966 et 1973. «Henry Moret, c'est toute la Bretagne, la Bretagne, c'est tout Henry Moret ! » (Préface de H. Hugault, rétrospective Moret, Galerie Durand-Ruel, 1966).
Cet artiste majeur en Bretagne laisse près de 800 œuvres ( Musées de Beaux-Arts de Quimper, Rennes, Caen, Musée Malraux au Havre, Musée Lambinet à Versailles, Musée d'Orsay, Boston Museum of Fine Arts ... Et collections particulières ).




HENRI MARTIN ( 1860-1943 )

N° 24 «Maison aux arbres, effets de soleil»
Huie sur toile signée en bas à droite
79 x 106 cm

Estimation : 40 000 / 70 000 €
Certificat remis par M. Cyrille Martin

Henri MARTIN doit sa renaissance à Rennes Enchères ! 42 toiles (collection Paul Riff) découvertes par Maître Jézéquel à la faveur de l'inventaire d'un appartement rennais où elles dormaient depuis 30 ans ! Authentifiées par Michel Maket, elles ont été vendues à Rennes le 1er avril 2012 pour un montant total de 4 264 000 euros ! Avec un record , «la jeune fille devant le bassin de Marquayrol» : 929 4000 € !
Formé à l'Ecole des Beaux-arts de Toulouse, élève de Jean-Paul Laurent à Paris, exposé en son temps dans les meilleures galeries parisiennes (Galerie Mancini en 1895, Galerie Georges Petit en 1910 ...), médaille d'or à l'exposition universelle de 1889, élu à l'Académie des Beaux-arts en 1918, Henri Martin s'est illustré par d'importantes commandes (décors pour l'Hôtel de ville de Paris, le Palais de Justice, le Capitole de Toulouse...). Il a peint de nombreux tableaux de chevalet aux accents symbolistes ( portraits, muses ...) ou pointillistes ( paysages, scènes de la vie paysanne ...). En 1910, lors de l'exposition à la Galerie Georges Petit ( 200 toiles !), Jacques Copeau, critique pour la revue «Art et Décoration» souligne «sa douceur vibrante, sa force délicate et nuancée».

Les toiles composées dans sa demeure de Marquayrol, acquise en 1900 à La Bastide-du-Vert dans le Lot sont celles du bonheur de vivre. Il y séjournait en famille cinq jours par an «en tête-à-tête avec la nature» tout à la joie de fixer sur la toile «la pleine lumière éclatante et diffuse», ce qui l'obligeait à «estomper les lignes des personnages et des paysages», à recourir au «pointillé», à la «décomposition du ton». Les 2 toiles présentées par Rennes Enchères vibrent dans la lumière de l'instant au rythme des accords de verts, posés en touches rapides et légères.



N° 25 «Chaises sous les arbres à Marquayrol»

Huile sur toile signée en bas à gauche
81 x 65 cm

Estimation : 18 000 / 25 000 €























Jean COCTEAU ( 1889-1963)

Ensemble de dessins faisant partie de la série «12 portraits des robes de Molyneux» réalisés vers 1935
N° 29 à n° 41

N° 30 « L'attente » circa 1935
Mine de plomb sur papier bristol
Signé en bas à droite
66 x 50 cm

Estimation : 3000 / 5000 €

«Jean, étonne-moi !» Jamais COCTEAU n'oubliera les mots de Diaghilev en 1913. Touche-à-tout par vocation et par goût, Jean Cocteau est tour à tour homme de théâtre et de cinéma, romancier, peintre, dessinateur et surtout poète. «Comprenne qui pourra : je suis un mensonge qui dit toujours la vérité.»
En esthète distingué, il est sensible à la mode : «c'est un règne difficile à maintenir que celui de l'élégance, on vous renverse aussi vite qu'on vous y a placé, Paris est une ville des modes. Tenir y est un véritable tour de force.»
En 1935, Cocteau écrit pour le journal Fémina un article intitulé «Chez Molyneux», illustré de quatre dessins de sa main. L'ensemble réuni sous le titre «12 portraits des robes de Molyneux» a sans doute été composé la même année. Etabli depuis 1919 rue Royale à Paris, Edward Molyneux (Londres 1891-Monte-Carlo 1974) est l'une des figures de la Haute Couture de l'Entre-deux-guerres : il a créé les costumes de Mistinguett pour sa revue des Folies Bergère,

il habille les altesses royales (Marina de Grèce pour son mariage avec le duc de Kent) et les célébrités (Greta Garbo, Marlène Dietrich...).
Dans ses créations dessinées à la mine de plomb d'un trait sûr, Jean Cocteau interprète avec finesse et caractère la mode de Molyneux : pureté des lignes qui allongent la silhouette, élégance des coupes, chic des drapés, élégance des coupes tant pour les robes fourreaux que pour les capes, qualité des étoffes (n° 30 «L'attente» : 3000 / 5000 €), raffinement des détails (n° 40 «Femme à l'aigrette» : 2500 / 3000 €)... Toutes ces robes sont mises en situation ainsi que l'indiquent les titres et les poses des mannequins (n° 29 «Chaise longue» : 4000 / 6000 € , n° 38 «le téléphone» : 3000 / 5000 €)
Ces dessins signés Jean Cocteau ont figuré à deux expositions consacrées à la mode : «Passions croisées, Cocteau et les femmes» au Musée Anacréon à Granville, (2007) et «Le bal des artistes» au Musée Christian Dior (Granville, 2011).




Maurice UTRILLO (1883-1955)

N° 48 « Une place à Prague» juin 1923
Gouache signée en bas à gauche avec dédicace «à Madame Nora Kars, amicalement»
Au dos une étiquette ancienne et lacunaire d'exposition à Prague en 1931
25,5 x 34 cm

Estimation : 18 000 / 30 000 €

UTRILLO est par excellence le peintre de Montmartre, du Sacré-Cœur, de la place des Tertres, du Lapin Agile... Nul mieux que lui n'a su saisir l'atmosphère des ruelles de la Butte, de ses cabarets, de ses «assommoirs».
Fervent admirateur du peintre, Francis Carco lui prête ses mots : «Dans toute œuvre d'art, le sentiment humain doit apparaître avant tout système esthétique ou méthode picturale». C'est ce sentiment qui domine dans la gouache peinte à Prague en juin 1923 : un place paisible, des maisons blanches et jaunes aux fenêtres vertes, un restaurant sous les arcades, quelques passants, un réverbère En quelques coups de pinceaux, d'un trait souple et fluide et à grand renfort de couleur, Utrillo transcrit ses émotions. On se croirait presque à Montmartre .







A remarquer : un joli dessin d'André Derain, «scène d'enlèvement» exécuté à l'encre noire d'un trait vif et enlevé (n° 53 : 2000 / 3000 € ), un «nu debout se coiffant» signé CamoIn, haut en couleurs pour ce Fauve de la première heure (n° 50 : 6000 / 10 000 €), un nu de Domergue (n° 64 : 3000 / 4000 €), une composition de Castelli datée de 1994 entre figuration et abstraction (n° 78 : 6000 / 7000 €), un pastel de Mariano Otero, «Femme en robe bleue» (n° 77 : 800 / 1200 €), un ready-made de Warhol,«Brillo et 4 tampons» sous verre dans une boîte signée de l'artiste (n° 76 : 1500 / 2500 €), un bronze puissant et très expressif de Tobiasse, « le Soleil » connu aussi sous le titre de «Tête de Moïse » créé à Saint-Paul de Vence (n° 75 : 12 000 / 18 000 € )…

















Gwénaëlle de Carné