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TABLEAUX ANCIENS OBJETS d'ART MOBILIER

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VENTE DU lundi 30 mars 2015

ORFEVRERIE, TABLEAUX, CERAMIQUES...
JOUETS, MOBILIER, OBJETS D'ART

«Tant que l'objet que nous désirons n'est pas là, il nous paraît supérieur à tout, à peine est-il à nous, nous en voulons un autre et notre soif reste la même.» (Lucrèce) Collectionneurs et amateurs d'art pourront se «désaltérer» lundi 30 mars à 14 h à Rennes Enchères : orfèvrerie, sculptures, tableaux anciens, gravures, jouets et poupées, céramiques, arts d'Asie, objets d'art, mobilier... Pas loin de 300 pièces, sélectionnées par Maître Carole Jézéquel et ses experts.

TABLEAUX

N° 73 Ecole flamande du XVIe
«Sainte Famille»

Huile sur panneau (restaurations)
72,8 x 58 cm
Estimation : 4500/5000€

Une Sainte Famille de l'Ecole flamande réunissant la Vierge Marie, l'Enfant Jésus, Saint Joseph et Sainte Anne. Datée du XVI e siècle, elle a peut-être été peinte avant le «Beeldenstorm». Ce mouvement iconoclaste éclate à Anvers le 16 août 1566 et ravage en quelques semaines les églises et les monastères des Flandres à la Hollande avec destruction des images et des objets de culte.

Le peintre souligne la tendresse de la Vierge Marie pour l'Enfant Jésus. Elle effleure de la main son petit pied comme pour le caresser. D'un geste infiniment gracieux ! A sa gauche, Sainte Anne présente une pomme. Dans la tradition chrétienne, la pomme est le fruit défendu du jardin du Paradis qu'Eve tentée par le serpent, cueille et offre à Adam. Elle symbolise la chute de l'homme. La pomme tenue par l'Enfant Jésus ou la Vierge Marie ou encore Sainte Anne (ce qui est rare) a une signification différente: elle symbolise la rédemption et le Salut.

Sainte Anne et Saint Joseph regardent l'enfant que la Vierge allaite. Il tète goulûment. Sa mère le serre bien fort et le maintient assis au creux de ses genoux. Une scène paisible et émouvante servie par une belle harmonie de couleurs et des drapés élégants !

CERAMIQUES

N° 125 Saladier rond XVIIIe
Faïence de Nevers

porte l'inscription
«Joseph Mournar
le retour du matelot», 1785
Estimation : 3000/5000 €

La faïence de Nevers est née à la faveur d'un mariage ! En 1564, Louis de Gonzague, fils du Duc de Mantoue, épouse Henriette de Clèves et devient du même coup Duc de Nevers.

A Nevers, il attire ses compatriotes : verriers, émailleurs, faïenciers. C'est ainsi que les frères Corrado fondent la première faïencerie de la ville après avoir obtenu la naturalisation française en 1578 et francisé leur nom en Conrade. D'autres faïenciers italiens et français prendront le relais. De grande qualité tant dans les couleurs que les motifs, la production évolue au gré des modes, du style d'Urbino aux décors chinois. Contrairement à beaucoup d'autres, les fabriques nivernaises se maintiennent jusqu'à la Révolution grâce à une importante production de faïences patronymiques et de faïences «parlantes» destinées à la clientèle bourgeoise et populaire.

Est appelée faïence patronymique, celle dont le décor associe un prénom, une date à une image, souvent celle du saint patron du commanditaire. Les faïences parlantes commémorent un événement telle la série dite «au ballon» inspirée par la montgolfière de Pilâtre de Rozier en 1783. Elles dépeignent aussi des scènes familières relatives à la profession du commanditaire, son caractère, ses joies, ses peines.
Le saladier mis en vente par Rennes Enchères portant l'inscription «Joseph Mournar, le retour du matelot, 1785» est rare par son décor. Un dialogue s'engage entre les deux héros de la scène , «un couple de qualité» : l'homme coiffé d'un tricorne offre un bijou à sa bien-aimée pour se faire pardonner sa longue absence en mer. Joliment vêtue, la jeune femme relève son tablier en lui faisant comprendre qu'elle a su préserver sa vertu. Belle preuve d'amour et de fidélité !
Le faïencier Joseph Mournar s'est inspiré d'une paire de gravures d'après Louis- Philippe Boitard (1733-1767), un artiste français établi à Londres, l'un des meilleurs satiristes de son temps. La première gravure s'intitule «les adieux du matelot» avec pour légende : «Je te quitte Fanchon, mes uniques plaisirs. Je vais enfler la mer du torrent de mes larmes. Je n'appréhende, hélas, trop friande Beauté que ta seule infidélité.» La seconde évoque «le retour du marin» : «Te voilà, cher Colin, que ton heureux retour semblait être tardif à mon ardent amour ; mes yeux sont éblouis de la magnificence de tes riches présents ; j'admire l'abondance, mais les bijoux pour moi sont de nulle valeur (...) j'ai su te conserver non sans peine un trésor rare comme un phénix, plus précieux que l'or, c'est, m'en croiras-tu bien, mon gentil pucelage.»
Ces deux scènes de Boitard ont été gravées en 1744 à Londres par Thomas Booth puis à Paris vers 1750 par N. Vasseur. Joseph Mournar, le faïencier de Nevers, tout en simplifiant le dessin, s'est montré fidèle aux costumes, aux détails, aux gestes des personnages esquissés d'un trait souple dans une harmonie de bleu, de jaune et de vert.
Il a intégralement reproduit le texte de la gravure, à la demande sans doute des commanditaires, fidèles l'un à l'autre comme Fanchon et Colin !

COMMODES

La commode porte bien son nom ! Avec ses tiroirs coulissants, elle est tellement plus pratique que le coffre ! La première connue, datée de 1709 est signée André-Charles Boulle. Elle faisait partie d'une paire destinée à la chambre du roi Louis XIV au Grand Trianon. Elle sera suivie de beaucoup d'autres ! Au XVIIIe, les ébénistes rivalisent de talent et d'invention ! Et la marqueterie triomphe !

N° 211 Importante commode tombeau

En placage de palissandre et frisage
Belle ornementation de bronzes
Époque Régence
Estimation : 4000/5000 €

La commode « en tombeau» dite «à la Régence» repose sur des pieds courts et se reconnaît à sa silhouette ventrue : 2 larges tiroirs surmontés par 2 demi-tiroirs, la façade présentant une partie centrale convexe entre 2 parties concaves. Exceptionnellement, ce type de commode s'ouvre par 4 tiroirs bombés et galbés, séparés par des traverses. En placage de palissandre et frisage, la commode de Rennes Enchères est remarquable pour sa belle ornementation de bronzes dorés décrits ainsi par Bertrand Berthelot : «chutes des montants à visages féminins et volutes feuillagées, poignées aux chimères et serpents». Le marbre rouge Griotte est postérieur.


N° 234 Commode en noyer , du Dauphiné

marqueterie de noyer, filets de buis, loupe d'orme
et de frêne
Style Régence, fin XVIIIe / Début XIX e
Estimation : 1500/2500 €


Certaines commodes affichent leurs origines. Dans le Dauphiné, les ébénistes ont recours aux bois indigènes : noyer, buis, loupe d'orme et de frêne pour ce modèle de la fin XVIIIe dans l'esprit Régence. Pas de marbre, un dessus de bois, ici rehaussé d'un motif central polylobé entouré de filets de buis. Une commode aux belles couleurs blondes.

N° 236 Belle commode de port en acajou massif

La Rochelle, époque Lous XVI
Estimation : 2500/3000 €

Les commodes «de port» mettent à l'honneur les «bois des îles» débarqués à Saint-Malo, Nantes, Bordeaux, La Rochelle. Principalement les acajous de Cuba et de Saint-Domingue, rapportés à la morte saison à la place de la canne à sucre. Imputrescible et très dur, l'acajou massif est un bois difficile à travailler et à sculpter. Voilà pourquoi les commodes présentent souvent des parois lisses et polies qui font d'autant mieux ressortir la couleur et le vinage du bois telle cette belle commode à ressaut central et 3 tiroirs, créée à La Rochelle sous Louis XVI et rehaussée de poignées et entrées de serrures de laiton à platines gravées.

N° 248 Commode demi-lune en placage de bois de rose

ÉpoqueLouis XVI
Estimation : 3500/4000€

Sous Louis XVI, la commode a le ventre plat, à l'exception de la commode demilune.
Une nouveauté ! Celle de Rennes Enchères en placage de bois de rose, filets de buis alternés, encadrements de bois de violette, 3 tiroirs en façade, 2 portes latérales, dessus de marbre blanc se hausse sur des pieds fuselés à fausses cannelures, dans le goût de l'Antique.

N° 237 Rare et importante salle à manger estampillée

Gabriel VIARDOT
Erable teinté à motifs sculptés et gravés,
panneaux incrustés de nacre du Tonkin
Estimation 5000/7000 €

Le XIX e siècle est fasciné par le pays du Soleil Levant. La vague du japonisme déferle sur Paris dans les années 1860 à la suite du traité d'alliance, de commerce et d'amitié signé en 1858 entre la France et le Japon.
Le Japon participe à l'Exposition universelle de 1867 et 1878. Les artistes s'enthousiasment pour les estampes japonaises qui servaient alors de papier d'emballage aux marchandises importées du Japon. Monet collectionne ces estampes (pas moins de 23 Hokusai). Son ami Clemenceau est à la tête d'une collection de plusieurs milliers d'objets nippons. Samuel Bing, spécialiste de l'Art Nouveau et de l'art asiatique contribue à cet engouement en publiant entre 1888 et 1891 la revue «le Japon artistique». Quant au critique Ernest Chesneau, il forge le mot de «japonisme» pour désigner toutes les créations inspirées par le Japon.
C'est dans ce contexte que Gabriel Viardot, médaille d'argent à l'exposition de 1878, médaille d'or à Anvers en 1884, médaille d'or à nouveau aux expositions universelles de 1889 et 1900 crée de nombreux meubles dans le goût de l'Extrême-Orient dans son atelier parisien ouvert en 1860.
Sculpteur de formation, il s'approprie les lignes et les formes japonaises. Et les revisite avec talent à l'image de cette salle à manger complète dont toutes les pièces sont estampillées : une table, un buffet, une desserte, 12 chaises en érable teinté à motifs sculptés et gravés, à panneaux incrustés de nacre du Tonkin. Bertrand Berthelot, expert, souligne que les chaises sont ornées d'un motif chaque fois différent. Un ensemble daté des années 1880/1890. Les oeuvres de Gabriel Viardot figurent dans plusieurs collections publiques : Musée Guimet, Musée des Arts décoratifs, Musée d'Orsay à Paris, Victoria et Albert Museum à Londres.