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INSTRUMENTS DE MUSIQUE

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VENTE DU lundi 23 mars 2015

INSTRUMENTS DE MUSIQUE

Une partition brillante ! Deux chefs d'orchestre talentueux : Maître Carole Jézéquel au rythme de son marteau de commissaire-priseur et Alain Hérou, expert en instruments de musique. Lundi 23 mars à 14 h à Rennes Enchères, ils donneront le «la» d'une vente consacrée au violons, altos, violoncelles, harpes, guitares, mandolines...

On brûle d'entendre la sonorité du violon de Jean-Baptiste Vuillaume (n° 58), un instrument exceptionnel ! Le quatuor à cordes de l'Orchestre symphonique de Bretagne le fera vibrer à l'occasion d'un concert de musique de chambre dédié à Haydn, samedi 21 mars à 12 h à Rennes Enchères. Et il sera joué quelques instants avant sa vente par Marie-Françoise Pallot, professeur au Conservatoire de Boulogne-Billancourt.

Rare violon de Jean-Baptiste Vuillaume àParis
Voir le lot n°58

N° 58 Jean-Baptiste VUILLAUME ( 1798-1875 )

Rare violon portant l'étiquette originale
de Jean-Baptiste Vuillaume à Paris
Estimation 60000/80000 €

Jean-Baptiste Vuillaume ? Un luthier d'exception : le «Stradivarius français» ! D'une étonnante vitalité créatrice, l'enfant de Mirecourt, capitale de la lutherie et de l'archèterie française s'établit à Paris en 1818. Entreprenant et sûr de son art, il ouvre en 1824 avec Joseph-Dominique Lette, un atelier commun rue Croix des Petits Champs, sous le nom de Lette et Vuillaume. En 1827 : première médaille d'argent et en quelques années une ascension fulgurante !

En 1828, il fonde son propre atelier au 46 de la rue Croix des Petits Champs. Et il engage 4 luthiers et 4 archetiers entre 1834 et 1839 ! Son affaire est prospère : 150 instruments et 600 archets sortent chaque année de ses ateliers!Vuillaume remporte plusieurs médailles d'or aux «expositions des produits de l'industrie» et aux expositions universelles de Londres et de Paris en 1851 et 1855.

Sa renommée, Vuillaume la doit à l'exceptionnelle qualité de ses instruments dans le goût de Stradivarius (1644-1737) et de Guarneri (1695-1762). Le luthier de Mirecourt voue une admiration sans bornes aux luthiers de Crémone ! Il étudie leurs violons dans les moindres détails (forme, bois, vernis) et s'en inspire pour ses créations. Il court l'Europe en quête des meilleurs bois (l'épicéa et l'érable, gages d'une belle sonorité), à la recherche aussi de violons italiens. Parmi ses plus belles acquisitions : un Stradivarius de 1716, le «Messie» dont il fera une copie en 1860 et un violon de 1742 qu'il lèguera à son gendre, le violoniste virtuose Delphin Alard.

Vuillaume est le luthier de Paganini. Ce «diable de violoniste» déchaîne l'enthousiasme du public à chacun de ses concerts ! C'est un honneur pour Vuillaume de réparer son précieux «Guarneri», un violon de 1742 dit le «Cannone». En 1836, Vuillaume en réalise une copie si parfaite que Paganini l'acquiert aussitôt ! Virtuose de l'archet, Paganini teste l'archet inventé par Vuillaume en 1834, non pas en bois de pernambouc (bois importé du Brésil) mais en métal creux.

Vuillaume crée des instruments inédits : le petit violon de soprano de Jullien (vers 1850), un contralto tout en rondeurs, l'heptacorde (dérivé de la basse de viole), la mèche d'argent démontable en un tour de main et la célèbre octobasse, un violon géant !
Le violon de Rennes Enchères est en tout point remarquable : une sonorité exceptionnelle qui s'explique par la qualité des bois et du vernis : «très jolie table en épicéa à cernes moyens assez réguliers, fond d'une pièce en très bel érable à ondes moyennes presque horizontales, éclisses du même bois, très beau vernis rouge orangé à patine brune et dégradés de couleurs»( Alain Hérou). A l'intérieur, l'étiquette originale de Jean-Baptiste Vuillaume rue Croix des Petits Champs et sa petite marque au fer sèche «Vuillaume» accompagnée du n° 2304 en écriture manuscrite.

Etonnant aussi son état de conservation: celui d'origine! Ce violon n'a jamais été détablé, ne porte ni fracture ni rayure. Un instrument de soliste, prêt à jouer la musique de Haydn. Delphin Alard, gendre de Guillaume interprétait remarquablement son «opus 76» !

N° 59 François PECCATTE (1821-1855)

Très joli archet de violon XIXe
portant la marque au fer de François Peccatte
Estimation : 13000/15000 €

Pas de violon sans archet et pas d'archet sans violon, ils sont faits pour s'entendre. Le soliste qui aura le bonheur de faire revivre le violon de Vuillaume en tirera des sons plus beaux encore avec l'archet de François Peccatte.

Né à Mirecourt en 1821, François Peccatte se forme à Paris auprès de son frère Dominique qui travaille dans l'atelier de...Jean-Baptiste Vuillaume ! Fort de cette expérience, François ouvre son atelier d'archèterie à Mirecourt où son frère le rejoint en 1847. Retour à Paris en 1853 dans l'atelier de Vuillaume en plein essor. François, comme Dominique se fait remarquer pour ses archets de belle facture. Authentifié en 2011 par l'expert J.F. Raffin, l'archet de Rennes Enchères porte sa marque au fer et il est en très bon état : baguette ronde en pernambouc brun rouge à reflets orangés et dorés, hausse et bouton en ébène et maillechort, mèche et garniture en argent, vis et écrou original.


Voir le lot n°59




Voir le lot n°41

N° 41 Joli violoncelle français de MIrecourt

Portant l'étiquette copie de Joannes Battista Guadanini 1741
Estimation : 6000/7000 €

Qui dit quatuor à cordes, dit violons, alto mais aussi violoncelle, cet instrument à la voix chaude et profonde, elui de Pablo Casals et aujourd'hui d'Anne Gastinel et Gautier Capuçon, violoncellistes réputés !

C'est de Mirecourt que vient ce joli violoncelle dans le goût italien puisqu'il porte l'étiquette «copie de Joannes Battista Guadanini, 1741». Il offre une belle robe orangée : table d'épicéa à cernes poyens, fond à 2 pièces en érable à petites ondes serrées, vernis orangé. Un bel instrument aux lignes harmonieuses. Pour le faire vibrer: un archet français
du XIX e en très bon état de l'atelier de Jean-Joseph Martin : baguette octogonale en bois de grenadille (ébène rouge), hausse et bouton en ébène, maillechort avec mèche et garniture lézard ( n° 40 : 4000/4500 €).


N° 75 Harpe ERARD à 47 cordes, 1899

Estimation : 2500/3000 €

Très à la mode sous l'Empire, la harpe était l'instrument
favori d'Hortense de Beauharnais. Elle en jouait à ravir pour
accompagner les romances qu'elle chantait au chteau de
Malmaison pour les invités de sa mère Joséphine. En 1808,
elle compose «Partant pour la Syrie», romance connue aussi
sous le titre «le Beau Dunois» et qui sera élevée au rang
d'hymne national sous le règne de Napoléon III.

Vers 1810, Sébastien Erard met au point un système de
pédales permettant de modifier l'intonation des cordes ainsi
qu'on le voit sur un modèle présenté par Juliette de Villeneuve
dans un très beau portrait peint par David en 1824 (Musée
du Louvre).

La harpe de Rennes Enchères, de style gothique, en
érable moucheté et doré, à 47 cordes et 7 pédales a été
réalisée dans les ateliers Erard, illustre facteur de pianos. Ce
modèle daté de 1899 avait été retenu par Lilly LASKIN
(1893-1988), grande figure de la harpe française, première
femme à être admise à l'Orchestre de Paris. Elle avait choisi
cet instrument parce que «la harpe, lui disait sa mère pour
l'encourager, c'est la musique des anges»!

Voir le lot n°75


Voir le lot n°76

N°76 Guitare lyre d'époque Empire

Estimation : 1500/2000 €

Sous l'Empire, la guitare-lyre fait fureur auprès de l'aristocratie parisienne. Elle est inspirée d'un instrument de l'Antiquité, la «kithara» très prisée des Grecs et des Romains. Antiquité remise au goût du jour par les peintres et les architectes de Napoléon : David, Percier et Fontaine...à la suite des fouilles archéologiques menées à Pompéi et en Grèce. A cette kithara antique, Pierre-Charles Mareschal, luthier à Paris ajoute un manche de guitare pourvu de frettes.

La guitare-lyre de Rennes Enchères correspond au modèle de ce luthier (créé en 1780) et à l'exemplaire qui figure sur un portrait de Marie-Christine de Bourbon, reine de
Savoie, peint en 1816 par Jacques Berger (tableau conservé au chteau d'Agliè près de Turin) : table en épicéa, frises de feuillage en ébène, fond et éclisses en placage d'acajou, manche en ébène à 15 frettes, chevalet en ébène, décor de rosaces sur la table, cornes de la lyre reliées par une entretoise enrubannée de laiton doré à pommes de pin.

La guitare-lyre ne fut jouée que pendant une vingtaine d'années. C'est dire le prix de cet instrument rare !